
Une femme attend qu'un isoloir se libère pour voter au premier tour des élections municipales, le 15 mars 2026, au Touquet-Paris-Plage (Pas-de-Calais). © Ludovic Marin, AFP
Signe de lassitude des électeurs et d'une campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient ? La participation au premier tour des municipales s'annonce en nette baisse par rapport à 2014, malgré les nombreuses incertitudes qui pèsent dans plusieurs grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille.
Selon une estimation pour TF1, LCI et Sud Radio publiée peu après 17 h, l'institut Ifop-Fiducial évalue la participation à 57 %.
Ipsos BVA-Cesi École d'ingénieurs, pour France Télévisions, Radio France et les chaînes parlementaires, l'évalue de son côté à 56 %, comme Opinionway pour CNews, Europe 1 et Le Journal du dimanche.
L'institut Toluna Harris Interactive pour M6-RTL la chiffre à 58,5 % et l'institut Elabe pour BFMTV, Le Figaro et RMC l'évalue à 57,6 %.
Ces chiffres représentent une hausse par rapport au plancher historique du premier tour des élections municipales de mars 2020 (42,30 %), qui s'étaient cependant tenues dans le contexte très particulier du Covid-19 et dont le second tour avait dû être reporté de trois mois.
Mais ils traduisent surtout une baisse sensible par rapport aux élections de 2014, qui avaient vu la participation au premier tour s'établir à 63,55 %.
"C'est le deuxième plus mauvais chiffre de participation à une élection municipale", a expliqué sur LCI le directeur général de l'Ifop, Frédéric Dabi. "Cette élection n'a pas trouvé sa place. La campagne a commencé très tardivement à l'échelle nationale, parce qu'il y a eu ce vote du budget si tardif", avant d'être "percutée par l'international", notamment l'intervention israélo-américaine en Iran déclenchée le 28 février, a-t-il développé.
Manque d'alternatives
Si les Français restent attachés aux maires, plus appréciés que les élus nationaux, la mobilisation semble ainsi avoir été pénalisée par une fin de campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient.
À Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann, qui entend reconquérir la mairie, a senti cette "forme d'inquiétude" liée à la situation internationale.
En outre, les macronistes étant très peu implantés, il est difficile d'utiliser ce scrutin pour sanctionner l'exécutif, à la différence de 2008 sous Nicolas Sarkozy ou de 2014 sous François Hollande.
Enfin, le manque d'alternatives peut aussi affecter la participation : avec une majorité de listes uniques (68 % des communes), le choix est quasi inexistant pour les électeurs, qui n'ont par ailleurs, d'après les nouvelles règles en vigueur, plus le droit d'ajouter ou de rayer les noms de candidats (ce qu'on appelait le "panachage").
Les bureaux de vote fermeront à 18 h, 19 h ou, dans les plus grandes villes, 20 h, heure à laquelle pourront être publiés les premiers résultats.
Avec AFP
