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29 blessés dans des heurts entre la police et des manifestants anti-TGV

29 personnes ont été blessées lors d'échauffourées, ce lundi matin dans le nord de l'Italie, entre la police et des manifestants venus protester contre la construction d'une ligne TGV entre Lyon et Turin.

AFP - Quatre manifestants s'opposant au percement d'un tunnel de la future ligne à grande vitesse Lyon-Turin et vingt-cinq policiers ont été blessés lundi matin lors d'échauffourées dans le Val de Suse (nord de l'Italie), a-t-on appris auprès des autorités locales.

Selon la préfecture de police de Turin, 25 policiers ont été blessés pour la plupart légèrement. Cinq ont dû être hospitalisés. Quatre manifestants, également blessés, ont été soignés sur place.

"Les forces de l'ordre sont arrivées à 05H00 (03H00 GMT) pour créer les conditions pour l'ouverture du chantier. Vers 07H00, une partie des opposants ont commencé à attaquer la police de manière assez violente et la police a répondu en chargeant", a affirmé Mario Virano, commissaire gouvernemental en charge de la ligne à grand vitesse Lyon-Turin.

La police est intervenue avec des tirs de grenades lacrymogènes pour faire fuir les manifestants et des pelles mécaniques pour démolir les barricades.

Les "No Tav" ("non à la grande vitesse"), nom des opposants à cette ligne ferroviaire, avaient érigé plusieurs barricades sur les routes permettant d'accéder au lieu du chantier et avaient monté plusieurs campements afin d'empêcher le démarrage des travaux.

Dimanche soir, quelque 2.000 manifestants s'étaient déjà rassemblés pour un défilé aux flambeaux dans le Val de Suse afin de manifester leur opposition au chantier.

Le chef de file des manifestants, Alberto Perino a reconnu lundi que le rapport de forces jouait en leur défaveur: "nous avons perdu une bataille mais nous n'avons pas perdu la guerre", a-t-il assuré.

Ce chantier, qui prévoit le creusement d'une descenderie à Chiomonte, dans la zone de la Maddalena, doit démarrer avant la fin du mois de juin, faute de quoi une partie des subventions européennes à la ligne Lyon-Turin, ne sera pas versée.

Dimanche, le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni avait assuré que le chantier allait démarrer "d'ici le 30 juin". "Le projet va se faire. Si ce n'était pas le cas, nous dirions adieu aux centaines de millions de subventions européennes, mais surtout aux connections avec l'Europe, et ainsi nous dirions adieu à l'avenir", a-t-il mis en garde.

La France et l'Italie ont signé en 2001 un accord pour la construction de la ligne de TGV Lyon-Turin, jugée stratégique pour le réseau européen. Elle raccourcira le trajet entre Paris et Milan à 4 heures contre 7 actuellement, mais elle suscite une forte opposition dans le Val de Suse.

Son coût total est estimé à plus de 15 milliards d'euros, dont une partie financée par l'Union européenne. Le creusement de l'ouvrage principal, un tunnel de 58 km de long dont 12 km en Italie, doit démarrer en 2013 pour une mise en service vers 2023.