
La Foire internationale d’art contemporain (FIAC) expose au Grand Palais et dans la Cour carrée du Louvre les grands artistes internationaux de l’art moderne. Malgré un contexte économique morose, les galeristes affichent leur optimisme.
C’est au beau milieu de la magistrale Cour carrée du Louvre que sont exposés les 75 artistes internationaux participants à la 35e Foire internationale d'art contemporain (FIAC). Les Français y sont largement représentés, les Américains, eux, font un retour remarqué. Japonais, Israéliens, Indiens et Slovènes ne manquent pas d’attirer les regards. La diversité des origines trouve son écho dans un large panel d’expression artistique : installations, vidéos, photographie, dessins ou encore tableaux.
Galeristes et acheteurs sillonnent les allées. Ici et là, une même interrogation se fait entendre : "La crise financière va-t-elle nous porter préjudice ?"
En effet, la Foire de Londres, qui s’est déroulée les 18 et 19 octobre, a battu un triste record : celui des invendus (27 % chez Sotheby’s, 45 % chez Christie’s).
Reste que les ventes enregistrées dans ces deux illustres maisons se chiffrent en millions de dollars ou de livres. Près de 30 ventes aux enchères ont, ces derniers mois, dépassé le million de dollars, comme celle de Jeff Koons.
Dans un marché mondialisé, les experts pensent qu’une crise similaire à celle des années 1990 est impossible puisque les grandes fortunes – particulièrement les russes - se sont multipliées. Ce n’est donc pas un hasard si les artistes venus de Russie sont bien représentés à la FIAC. Reste à savoir si leurs compatriotes figureront parmi les plus grands acheteurs.
Au Louvre comme au Grand Palais les artistes étrangers semblent en tout cas confiants. FRANCE 24 a rencontré trois d’entre eux.
Dan Perjovschi : l’engagement européen d’un Roumain
Dan Perjovschi |
Pour l’artiste Dan Perjovschi l’art est un moyen de se faire connaître en tant qu’artiste, bien sûr, mais aussi en tant que citoyen européen. L’histoire de l’Europe centrale et son climat politique sont sa première source d’inspiration. Pour cet artiste qui a vécu la guerre froide puis l’entrée de son pays dans l’Union européenne, son art est un moyen d’expression, une critique humoristique.
L’artiste a réalisé une série de dessins - d’une valeur de 35 000 euros - qui illustrent la perception des Roumains sur le "non" de la France au projet de Traité constitutionnel européen. Ses œuvres sont, pour lui, une façon d’alerter les personnes qui ne sont pas conscientes de l’existence de l’Europe en tant qu’unité.
Hema Upadhyay : un certain regard sur les bidonvilles de Bombay
Hema Upadhyay |
L’Inde, présente à travers le travail de plusieurs artistes, révèle aux visiteurs la complexité d’un peuple. Cette peintre et photographe, d’origine pakistanaise, fait partie de la vague montante d’artistes urbains qui investissent les faubourgs branchés de la capitale économique indienne.
Installée à Bombay depuis des années, Hema , 36 ans, s’inspire largement de cette grouillante métropole, symbole de la beauté indienne mais des inégalités également. L’artiste s’attache à lever le voile sur les bidonvilles qui bordent la ville : derrière la crasse et la précarité, la peintre montre des trésors de petits commerces, artisans et marchés. Elle les représente dans des installations hybrides, mélange de photos, peinture et sculpture. Telle une enveloppe de beauté sur des coins crasseux.
Terry Rodgers : sexe et luxure à l’américaine
Terry Rodgers |
C’est ainsi que l’on pourrait résumer les obsessions de l’Américain Terry Rodgers. A 55 ans, l’artiste fait exploser sur des toiles colorées ses fantasmes post-soixante-huitards. Entre casting sauvage et création, il repère ses modèles dans la rue, les photographie, avant de recouvrir ses clichés de peinture.
Ultra réalisme ou psyché, son "Encryption of Refracted Beauty", - une œuvre estimée à 90 000 dollars - expose des beautés froides, des nus aguicheurs, coupe de champagne aux lèvres et diamants autour du cou. Les mêmes personnages – tristes et décadents - se retrouvent d’une toile à l’autre, toujours empreints de la même nostalgie.