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Ottawa accepte d'extrader l'auteur présumé de l'attentat de la rue Copernic

Plus de deux ans après l'inculpation d'Hassan Diab dans la banlieue d'Ottawa, un tribunal canadien autorise son extradition vers la France. Celui-ci est soupçonné d'être impliqué dans l'attentat de la rue Copernic, à Paris, en 1980.

AFP - Un tribunal canadien a autorisé lundi l'extradition vers la France du Canado-Libanais Hassan Diab, principal suspect dans l'attentat de la rue Copernic à Paris en 1980, mais a averti que le dossier à charge français était "faible".

Cet ex-universitaire avait été arrêté dans la banlieue d'Ottawa en novembre 2008 à la demande de la justice française, qui l'accuse d'être l'auteur de l'attentat meurtrier qui avait fait 4 morts et une quarantaine de blessés près d'une synagogue rue Copernic, le 3 octobre 1980.

M. Diab risque la prison à perpétuité s'il est extradé, mais son avocat a  annoncé qu'il ferait appel de la décision du juge Robert Maranger de la Cour supérieure de l'Ontario.

L'homme âgé de 57 ans a été aussitôt placé en détention, dans l'attente de la décision finale sur son extradition, qui sera prise par le ministre canadien de la Justice. M. Diab dispose de 30 jours pour convaincre par écrit le ministre de ne pas l'extrader.

Dans sa décision, le magistrat a indiqué que la plupart des preuves incriminant le suspect, "ne seraient pas suffisantes, prises dans leur ensemble ou individuellement, pour justifier un procès contre M. Diab en France".

M. Maranger faisait notamment référence à son appartenance supposée à l'époque à une organisation radicale, le Front Populaire de libération de la Palestine - Opérations Spéciales (FPLP - OS), et aux descriptions du suspect de l'attentat faites par des témoins.

"Au mieux, elles créent un certain degré de suspicion concernant son implication dans l'attentat terroriste", a-t-il écrit.

Mais une expertise graphologique fournie par la France, une comparaison de l'écriture de M. Diab avec celle d'une fiche d'hôtel remplie par le supposé auteur de l'attentat, pourrait lier le Canada-Libanais à l'attentat, a conclu M. Maranger.

"Le dossier présenté par la République de France contre M. Diab est faible. La possibilité qu'il puisse être reconnu coupable dans le cadre d'un procès équitable semble invraisemblable", a-t-il écrit.

Le magistrat a toutefois précisé que son opinion personnelle dans cette affaire n'avait aucune pertinence pour établir si M. Diab devait ou non être extradé.

"Notre traité avec la France présuppose qu'elle mènera un procès équitable et que justice sera faite", a ajouté M. Maranger, en acceptant la demande d'extradition française.

Il y a 30 ans, le 3 octobre 1980, une bombe constituée d'une dizaine de kilos de pentrite et fixée sur une moto avait explosé près de la synagogue de la rue Copernic.

La France affirme notamment que M. Diab a utilisé une fausse identité pour acheter la motocyclette ayant servi à l'attentat. Selon le dossier à charge, c'est Hassan Diab qui a confectionné la bombe et l'a placée dans la sacoche de la moto le jour des faits.

Cette moto avait été achetée quelques jours plus tôt par un certain Alexandre Panadriyu, de nationalité chypriote. En réalité une fausse identité derrière laquelle se serait caché, selon la France, Hassan Diab.

Né au Liban de parents palestiniens, ayant fait une partie de ses études aux Etats-Unis, M. Diab était arrivé au Canada 1987, tout en gardant son passeport libanais.

La France l'accuse "d'assassinats, de tentatives d'assassinats et de destruction de biens (...) par l'effet d'une substance explosive ou incendiaire commise en bande organisée", selon le dossier à charge.

Tags: Justice, France, Canada,