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Le sort des populations civiles suscite une grande inquiétude

Tandis que les forces d’Alassane Ouattara gagnent du terrain dans l'ouest et dans l'est ivoirien, l'ONG Human Rights Watch juge la situation humanitaire "extrêmement alarmante" et demande une protection militaire internationale renforcée.

Plus que jamais, la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une guerre civile que certains hésitent encore à appeler par son nom. Depuis le début de la semaine, les forces loyales à Alassane Ouattara, le président élu reconnu par la quasi-totalité de la communauté internationale, ont lancé une vaste offensive à travers toute la Côte d’Ivoire. Elle leur a permis de prendre plusieurs villes stratégiques de l’ouest, du centre et de l’est du pays.

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Reportage dans le quartier d'Abobo, à Abidjan
Le sort des populations civiles suscite une grande inquiétude

Cette intensification des combats aggrave toutefois la situation, déjà précaire, de la population civile. "La situation est extrêmement alarmante, s’inquiète ainsi Jean-Marie Fardeau, directeur de l’ONG Human Rights Watch France, ce mercredi, sur FRANCE 24. On compte déjà près d’un million de déplacés, que ce soit à l’intérieur du pays ou hors de ses frontières. 95 000 d’entre eux se trouvent, notamment, au Liberia. Des dizaines de milliers de vies humaines sont en danger. Il est urgent que les Nations unies déploient des moyens supplémentaires pour protéger cette population et lui venir en aide", explique celui-ci.

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Le sort des populations civiles suscite une grande inquiétude

Sur le terrain, la situation ne semble pas en voie d’amélioration, même si le camp du président sortant Laurent Gbagbo a appelé, mardi soir, à un cessez-le-feu et à l’ouverture du dialogue. Un geste dont beaucoup d’acteurs et d’observateurs de la situation doutent cependant...

Dans une interview à FRANCE 24, Hamadoun Touré, le porte-parole de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), estime ainsi qu’il y a déjà eu "beaucoup de rendez-vous ratés" et qu’il est aussi "très difficile de trouver un terrain d'entente entre les deux camps", qui refusent toujours de céder le moindre pouce de terrain sur le plan politique.

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Le sort des populations civiles suscite une grande inquiétude

D’ailleurs, en même temps qu’il appelait Alassane Ouattara à faire taire les armes, le camp de Laurent Gbagbo, par la voix du chef d’état major Philippe Mangou, a fait savoir aux jeunes qui se sont fait connaître auprès des forces armées la semaine dernière que leur "enrôlement effectif" aurait lieu ce mercredi.

Avancée fulgurante des FRCI

Un appel qui semble confirmer que, sur le terrain, le camp Gbagbo est sous pression. Alors qu’Alassane Ouattara semblent désormais privilégier un règlement militaire du conflit - "Toutes les voies pacifiques ont été épuisées", a-t-il affirmé hier -, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), qui intègrent les ex-rebelles des Forces nouvelles et les membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) ralliés au camp Ouattara, ont opéré une avancée fulgurante dans le pays.

Mardi, plusieurs grandes villes sont tombées entre leurs mains, dont Abengourou et Bondoukou, deux cités de l’est ivoirien situées à environ 300 km d’Abidjan.

À l’ouest également, les FRCI ont effectué une percée conséquente, s’emparant des villes stratégiques de Daloa et de Duékoué, qui leur ouvrent les portes de Yamoussoukro, la capitale politique ivoirienne, et de San Pedro, le plus grand port d’exportation de cacao au monde.

À Duékoué, "les combats ont été très violents et ont fait des victimes, raconte Zoomana Zoom Dosso, envoyé spécial de l’AFP et de RFI dans la région. À présent, [les FRCI] sont très décidées à aller à Abidjan", rapporte-t-il.

Entre Bouaké et Yamoussoukro, des combats secouent également la ville de Tiébissou depuis le milieu de la nuit, ont affirmé plusieurs témoins à FRANCE 24. Des échanges de tirs ont été entendus dans la ville, dont les habitants se sont calfeutrés dans leurs maisons. Mercredi à la mi-journée, des tirs sporadiques résonnaient toujours dans la cité.