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23 militants chiites poursuivis pour terrorisme libérés après une grâce royale

Le roi Hamad Ben Issa al-Khalifa, qui avait ordonné à la justice bahreïnie de libérer des prisonniers chiites poursuivis depuis octobre pour terrorisme, a gracié mercredi 23 militants chiites pour apaiser la colère des manifestants.

AFP - Vingt-trois militants chiites poursuivis pour terrorisme ont été libérés après une grâce royale, a annoncé mercredi à l'AFP un député de l'opposition bahreïnie.

"Les 23 militants jugés ont été libérés", a déclaré Jassem Hussein, député du mouvement d'opposition chiite al-Wefaq.

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23 militants chiites poursuivis pour terrorisme libérés après une grâce royale

Le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa avait ordonné lundi de libérer des prisonniers chiites et de surseoir aux poursuites judiciaires contre d'autres prisonniers politiques, sans préciser lesquels, accédant ainsi à l'une des demandes de l'opposition chiite.

Les 23 hommes étaient jugés depuis octobre pour avoir "formé une organisation illégale", "recouru à cette fin au terrorisme", "financé des activités terroristes", et "propagé des informations erronées et tendancieuses", selon l'acte d'accusation.

Certaines des accusations retenues étaient passibles de la détention à perpétuité, selon les avocats.

Parmi les détenus libérés figure Abdeljalil al-Singace, un responsable du groupe d'opposition Haq, partiellement paralysé, ainsi qu'un religieux chiite, cheikh Mohammed al-Moqdad.

Tous les accusés avaient plaidé non coupables et avaient affirmé avoir été torturés.

Deux autres personnes étaient jugées par contumace: Saïd al-Chihabi, secrétaire général du Bahrain Freedom Islamic Movement, et Hussein Machaimaa, secrétaire général du Haq, ou Mouvement des libertés et de la démocratie (MLD).

Selon le député, les deux hommes sont également graciés et peuvent rentrer à Bahrein.

M. Machaimaa avait déclaré à l'AFP lundi son intention de rentrer prochainement Bahrein mais n'avait pas écarté la possibilité d'être arrêté à l'aéroport.

Il se trouvait depuis juin à Londres pour soigner un cancer.

M. Hussein a cependant affirmé qu'il restait "un groupe de condamnés" chiites dans deux affaires de violences remontant à l'été dernier "qui n'ont pas encore été libérés", sans préciser leur nombre.

La libération des détenus intervient alors que Bahreïn, à majorité chiite, est secoué depuis la mi-février par une révolte populaire qui a remis en cause le pouvoir de la dynastie sunnite au pouvoir depuis plus de 200 ans.