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Le Premier ministre Brian Cowen quitte la tête du parti au pouvoir

À moins de deux mois des législatives du 11 mars qui s'annoncent difficiles pour son parti, Brian Cowen quitte la tête du Fianna Fail. Au plus bas dans les sondages, il a dû affronter cette semaine une fronde au sein de sa formation.

AFP - Le très pugnace Premier ministre irlandais Brian Cowen a fini par donner samedi sa démission de la tête de son parti, face à une rébellion de militants et de ministres convaincus de la nécessité d'un nouveau chef pour affronter les élections à haut risque de mars.

Ce lutteur de 51 ans au physique massif et à la gouaille légendaire aura bataillé jusqu'au bout pour rester chef du Fianna Fail (centre), qu'il dirigeait depuis mai 2008.

Mais il a dû renoncer après une semaine politique qui l'a vu affronter une rébellion au sein du parti, menée par son ministre des Affaires étrangères, puis remporter un vote de confiance mardi à l'origine d'un répit de courte durée puisque pas moins de six ministres ont démissionné dans la foulée.

Le Premier ministre a annoncé samedi avoir pris la décision de démissionner "de son propre chef" afin de favoriser l'unité du parti centriste dans la campagne pour les élections législatives prévues le 11 mars prochain.

Quatre prétendants au poste de Cowen

Il laisse la formation dans un piteux état: le Fianna Fail, qui a dominé la vie politique de l'Irlande depuis son indépendance, n'est crédité que de 14% des intentions de vote et devra probablement céder la place.

Le choix du nouveau leader pourrait avoir lieu dès mercredi, a indiqué le Fianna Fail, la course aux candidatures étant déjà ouverte.

Parmi les prétendants figurent au premier chef l'ancien ministre des Affaires étrangères Micheal Martin, principal meneur de la rébellion qui couvait depuis plusieurs semaines, ainsi que le ministre des Finances Brian Lenihan.

Mary Hanafin (Tourisme, Commerce, Innovation) et Eamon O Cuiv (Défense et protection sociale) pourraient également se lancer dans la course à la succession.

Brian Cowen reste en tout état de cause Premier ministre, mais son gouvernement doit affronter une motion de défiance déposée par le parti travailliste pour la prochaine séance au Parlement mardi.

"Je crois que nous allons remporter ce vote", a assuré samedi M. Cowen, toujours aussi combatif.

Une atmosphère de fin de règne

Sa position à la tête du gouvernement n'en est pas moins devenue très fragile. Le Premier ministre, jadis fort populaire avec son penchant marqué pour la Guinness et les blagues, est au plus bas dans les sondages depuis la crise financière irlandaise et les lourds sacrifices imposés à la population: baisse des allocations chômage, du salaire minimum, des allocations familiales, des remboursements de médicaments etc..

Plusieurs partis d'opposition ont appelé à l'organisation immédiate d'élections. "Le maintien de M. Cowen au poste de Premier ministre est tout simplement intenable, alors que ses collègues du Fianna Fail se disputent les restes de son parti", a déclaré le chef du Labour (gauche) Eamon Gilmore.

Gerry Adams, président du Sinn Féin (nationaliste de gauche) a également appelé à des élections immédiates, jugeant "le gouvernement et le Fianna Fail en proie au chaos".

Brian Cowen a pourtant réaffirmé samedi qu'il entendait rester à son poste de Premier ministre jusqu'aux élections de mars prochain et "se concentrer sur le travail gouvernemental et la mise en oeuvre du plan de redressement".

Le budget irlandais pour 2011 représente un effort de rigueur de 6 milliards d'euros, le plus rigoureux de l'histoire du pays, et constitue la principale contrepartie du plan de sauvetage de 85 milliards de dollars mis au point avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).

Le projet de loi de Finances, dernier volet de ce budget draconien, a été publié vendredi et doit être adopté par le Parlement avant les élections, une tâche difficile dans cette atmosphère de fin de règne.

La coalition au pouvoir, qui rassemble le Fianna Fail (centre) et les Verts, risque d'après les sondages d'être très largement battue par les deux principaux partis d'opposition, le Fine Gael (d'orientation également centriste) et le Labour (gauche), lesquels devraient s'allier en vue de diriger le pays.