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85 skippers se lancent à l'assaut de l'Atlantique

Le départ de la Route du Rhum a été donné à Saint-Malo, en présence de dizaines de milliers de passionnés venus admirer les voiliers. Au menu des 85 participants : 6 377 km de mer avant de rallier la Guadeloupe.

AFP - Quatre-vingt cinq solitaires ont pris dimanche à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le départ de la Route du Rhum et se sont lancés à l'assaut de l'Atlantique, dans une régate de 3543 milles (6377 km) à destination de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe).

Nombre record de concurrents, météo paisible, des centaines de milliers de spectateurs: les organisateurs du Rhum pouvaient se féliciter du départ exemplaire de l'édition 2010.

Le succès populaire de cette course, qui a lieu tous les 4 ans depuis 1978, s'est une nouvelle fois confirmé avec des dizaines, voire des centaines de milliers de spectateurs présents à Saint-Malo et le long du littoral.

Au cap Fréhel, à une cinquantaine de km dans l'ouest de la ville corsaire, environ 50.000 personnes étaient massées -certaines depuis plusieurs jours- pour voir passer les navigateurs. Fréhel est le dernier endroit d'où des spectateurs à terre peuvent apercevoir les bateaux avant... la Guadeloupe.

Le départ a été donné à 13h02 par la ministre de l'outre-mer Marie-Luce Penchard devant la pointe du Grouin, dans l'est de la baie de Saint-Malo. Le vent, modéré, était de secteur Est et la mer calme.

Le départ ayant lieu au portant, tous les bateaux étaient sous spinnaker ou gennaker, des voiles utilisées lorsque le vent souffle de l'arrière.

La zone de départ, interdite aux bateaux de spectateurs, avait été scindée en deux, les multicoques partant au large, les monocoques à terre. Un petit bâtiment de la Marine nationale, le PSP (patrouilleur de service public) Pluvier, était positionné au milieu de la ligne, longue de 1,4 mille (environ 2,5 km).

DCNS, le 60 pieds (18,28 mètres) skippé par Christopher Pratt, a pris le meilleur départ chez les monocoques et AXA Atout Coeur, le trimaran de 50 pieds (15,24 mètres) d'Erik Nigon chez les multicoques.

Des centaines d'embarcations de toutes tailles et de tous types (voiliers, vieux grééments, bateaux de pêche, vedettes à moteur, zodiacs, ferries, etc.) avaient quitté Saint-Malo et les environs dès les premières heures de la matinée pour se positionner le plus près possible du périmètre (interdit) du départ.

Les organisateurs ont estimé qu'il y avait un millier de bateaux près du cap Fréhel, soit environ 5 à 6.000 personnes sur l'eau.

Les 85 concurrents sont répartis en cinq classes: Ultime (maxi-multicoques), Multi 50 (catamarans d'une quinzaine de mètres), 60 pieds Imoca (18,28 mètres), Classe 40 (monocoques d'une douzaine de mètres) et Rhum (bateaux de tailles diverses, menés par des amateurs).

Le Rhum rassemble la plupart des ténors de la voile océanique française et quatorze étrangers.

Franck Cammas, à la barre du maxi-trimaran Groupama 3 (31,50 m de long), a passé en tête la bouée située devant le cap Fréhel, un peu plus d'une heure après le départ. Cammas a devancé de quelques minutes Yann Guichard (Gitana XI/23,51 m) et Sidney Gavignet (Oman Air Majan/32 m), deux autres trimarans de la classe Ultime.

Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) a été le premier monocoque de 60 pieds à la même bouée, devant Michel Desjoyeaux (Foncia), Kito de Pavant (Groupe Bel) et Vincent Riou (PRB).

Chez les Multi 50 (trimarans d'une quinzaine de mètres), c'est Franck-Yves Escoffier (Crêpes Whaou!) qui a doublé la bouée de Fréhel en tête, devant Yves Le Blévec (Actual). Les deux leaders de cette classe avaient tout de même du mal à suivre le rythme imposé par les "monstres" de la classe Ultime.

Le temps à battre est celui établi en 2006 par Lionel Lemonchois, qui avait relié Saint-Malo à la Guadeloupe en un temps record de 7 jours, 17 heures et 19 minutes.