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Forte mobilisation contre la réforme des retraites, les syndicats crient victoire

Les syndicats ont le sourire après la journée de forte mobilisation contre le projet de réforme des retraites, estimée à 2,7 millions de manifestants par la CGT. Nicolas Sarkozy doit s’exprimer mercredi sur d’éventuels assouplissements du texte.

La manifestation parisienne en images
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Premier grand débat à l’Assemblée nationale, premières grandes grèves de la rentrée. "Sarko démission, le peuple est dans la rue !", "pour financer les retraites, prenons sur les profits !"... Des centaines de milliers de manifestants ont défilé en France pour dénoncer le recul de l’âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans, à l’horizon 2018. Ce mardi, les syndicats ont réussi leur pari de mobiliser plus de deux millions de personnes contre la réforme des retraites, texte dont les députés ont commencé l’examen ce même jour dans l'Hémicycle.

Les centrales se réjouissent d’une mobilisation nationale estimée à 2,5 millions de manifestants par la CFDT et 2,7 millions par la CGT. "On est largement plus nombreux que le 24 juin. C'était l'objectif et le gouvernement ne pourra pas faire comme s'il ne s'était rien passé aujourd'hui", a déclaré le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault.

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Forte mobilisation contre la réforme des retraites, les syndicats crient victoire

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, quelque 1,12 million de personnes ont manifesté pour les retraites dans 114 rassemblements recensés, à l’exception de Paris. A Paris, 270 000 manifestants défilaient selon la CGT, alors que la préfecture de Paris estimait leur nombre à 80 000.

Pour rappel, lors du précédent mouvement social du 24 juin, la police avait estimé à 800 000 le nombre de manifestants mobilisés dans toute la France, les syndicats revendiquant pour leur part 2 millions de personnes.

Les syndicats prêts à "aller jusqu'au bout"

Le cortège s'est élancé peu avant 14h30 place de la République, derrière une banderole "retraites solidaires, emplois, salaires, un enjeu de société", en présence des huit leaders syndicaux. "On est prêt à aller jusqu’au bout. On attend de réelles négociations sur l’avenir de nos retraites. Le projet de relever l’âge de la retraite revient à condamner l’emploi des jeunes", a déclaré Bernard Thibault à l’envoyée spéciale de France24.com.

"La mobilisation est très importante. Si le gouvernement ne négocie pas, on manifestera de nouveau. Pour payer nos retraites, il y a d’autres moyens que d'en rehausser l’âge. On peut, par exemple, taxer les hauts revenus", assurait pour sa part François Chérèque, secrétaire général de la CDFT.

"Marquer le coup le 15 septembre"

Bernard Thibault et François Chérèque ont exigé des propositions du gouvernement avant la réunion de l'intersyndicale de mercredi concernant les suites à donner au mouvement. "Le président de la République fera une déclaration au Conseil des ministres sur les avancées que nous ferons sur ce texte", a déclaré le ministre du Travail, Eric Woerth, sur TF1, évoquant de possibles avancées sur la pénibilité et les polypensionnés.

Le gouvernement entend ne pas céder à la pression syndicale concernant une réforme jugée "indispensable" pour assurer l'avenir d'un régime. Le Conseil d’orientation des retraites table sur un déficit de 50 milliards d'euros par an en 2020, si le système actuel perdure.

De son côté, François Chérèque a déjà appelé à une prochaine mobilisation. "On organisera certainement un moment qui marquera de nouveau l'opinion avant la fin du mois", a-t-il déclaré ce soir sur France 2. Et d’ajouter qu'il faudrait déjà "marquer le coup" le 15 septembre, date à laquelle le débat à l’Assemblée doit s’achever.

"Se battre pour les jeunes générations"

Plus tôt dans la journée, Yannick Trigance, conseiller francilien du Parti socialiste, constatait que les salariés du privé étaient bel et bien présents dans le cortège : "C’est la preuve qu’il y a un réel malaise dans ce pays."

Brigitte et Michel, âgés de 73 ans et affiliés à la CGT, entendent "se battre" pour les jeunes générations. "Le gouvernement veut faire travailler les vieux plus longtemps, alors que beaucoup sont déjà au chômage à 58 ans, assurent-ils. De plus, cela pénalisera davantage les jeunes en termes d’accès au travail."

"Travailler plus longtemps doit être un choix", proteste pour sa part Geneviève, 55 ans, déléguée CFDT. "Surtout que le gouvernement ne tient pas compte de la pénibilité du travail. Je suis infirmière, je fais les 3/8 et je suis en poste le week-end. Ce n’est pas sérieux."

Dans le secteur public, les chiffres publiés dans la journée semblent

indiquer une importante mobilisation. La grève a ainsi été suivie par 29,3% des enseignants, selon le ministère de l’Éducation, soit une forte hausse par rapport aux 19,9% enregistrés lors du mouvement du 24 juin. Chez les fonctionnaires d'État, 24,8% des effectifs ont répondu à l'appel à la grève, selon le ministère du Travail, contre 18,7% en juin. La RATP recense quant à elle 22% de grévistes. Du côté de la SNCF, la grève a été suivie par 42,9% des cheminots selon la direction. Le 24 juin, l'entreprise avait dénombré 39,8% d'agents en grève.