Le président russe Dmitri Medvedev s'est rendu dimanche en visite surprise dans la république séparatiste géorgienne d'Abkhazie, deux ans après la guerre ayant opposé en août 2008 la Russie à la Géorgie.
AFP - Le président russe Dmitri Medvedev a effectué dimanche une visite surprise dans la république séparatiste géorgienne d'Abkhazie pour le deuxième anniversaire du début de la guerre ayant opposé la Russie à la Géorgie, assurant qu'il ne "regrettait rien".
Cette visite intervient symboliquement deux ans jour pour jour après le déclenchement d'une guerre éclair entre Moscou et Tbilissi pour le contrôle de l'Ossétie du Sud, une autre république séparatiste, à la suite de laquelle Moscou a reconnu les deux territoires.
"Je ne regrette rien", a déclaré le président russe bavardant sur le front de mer avec des touristes russes.
"Si nous n'avions pas reconnu l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud nous ne serions pas là en train de boire du café. Plus probablement, il y aurait eu un conflit long et sanglant. Nous avons évité un bain de sang", a-t-il lancé.
M. Medvedev a rencontré le président abkhaze Sergueï Bagapch avant de se rendre sur le front de mer de Soukhoumi, chef lieu de la province rebelle qui, après l'effondrement de l'URSS, s'était autoproclamée Etat indépendant à l'issue d'un conflit ayant fait plusieurs milliers de morts de 1992 à 1993.
Le président russe a une nouvelle fois défendu la décision d'intervenir militairement dans le conflit qui opposait Tbilissi à l'Ossétie du Sud.
"Ce ne fut pas une décision simple. Mais le temps a démontré que ce fut la bonne décision. L'existence des peuples d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie était menacée. Si cette décision n'avait pas été prise, la situation aujourd'hui serait totalement différente," a-t-il déclaré.
Située sur le littoral de la mer Noire, l'Abkhazie est frontalière de la région russe de Sotchi, qui doit accueillir en 2014 les jeux Olympiques d'hiver.
La Géorgie a, sans surprise, réagi négativement à la visite de Dmitri Medvedev.
"Je pense qu'il serait mieux pour le président russe de se concentrer sur les problèmes intérieurs. Je pense qu'il essaie peut-être de détourner l'attention", a déclaré à l'AFP le vice-Premier ministre et ministre géorgien de la Réintégration Temour Iakobachvili, alors que la Russie est confrontée depuis le mois dernier à de graves incendies de forêt.
"Ils cherchent toujours à jouer un jeu qu'ils ont déjà perdu. Ces territoires (Ossétie du Sud et Abkhazie) sont maintenant reconnus comme territoires occupés et ce genre de visite n'y changera rien et n'apportera rien de positif à la région", a-t-il ajouté.
La Géorgie avait déclenché dans la nuit du 7 au 8 août 2008 une offensive pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud qui s'était elle aussi déclarée indépendante de Tbilissi après l'effondrement de l'URSS.
La Russie avait riposté en engageant une opération militaire d'envergure. La guerre éclair de cinq jours s'était soldée par la reconnaissance par Moscou le 26 août 2008 des indépendances de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Des troupes russes stationnent toujours dans ces deux territoires.
Cette reconnaissance a été très largement condamnée et seuls le Nicaragua, le Venezuela et la petite île de Nauru dans le Pacifique Sud ont emboîté le pas et reconnu l'indépendance des deux régions.
En Ossétie du Sud, minuscule république rebelle géorgienne, plus d'un millier d'habitants se sont rassemblés tard samedi sur la place centrale de la capitale Tskhinvali à l'heure (23H35 locales, 19H35 GMT) à laquelle avait commencé l'offensive géorgienne sur la ville.
"On dit que le temps guérit, mais rien et personne ne pourront guérir la douleur dans les coeurs de notre peuple", a déclaré le président ossète Edouard Kokoïty.