
Des sénateurs américains accusent BP d'avoir fait pression sur le gouvernement britannique pour favoriser la libération du Libyen Megrahi, condamné pour l'attentat de Lockerbie de 1988. Et ce, pour décrocher un contrat pétrolier en or avec la Libye.
AFP - Des élus du Sénat américain ont réclamé une enquête mardi au département d'Etat sur le rôle de BP dans la libération du Libyen Abdelbaset Megrahi qui avait été condamné à la prison à vie pour l'attentat de Lockerbie, et libéré pour raisons de santé l'an dernier.
"Des indices dans la marée noire de Deepwater Horizon semblent suggérer que BP mettrait les profits avant les gens", écrivent à la secrétaire d'Etat Hillary Clinton les quatre sénateurs démocrates, Robert Menendez, Frank Lautenberg, Kirsten Gillibrand et Charles Schumer.
Les sénateurs rappellent que BP a signé en 2007 avec le gouvernement libyen un contrat de 900 millions de dollars pour l'exploration pétrolière.
En septembre 2009, le quotidien britannique The Times rapporté que le géant du pétrole a fait campagne auprès du ministre britannique de la Justice Jack Straw en 2007, peu de temps avant que ce dernier ne renonce à son intention d'exclure al-Megrahi de l'accord de transfert de prisonniers (PTA) alors en discussions entre Londres et Tripoli. BP avait démenti cette information.
"La question à laquelle nous devons maintenant répondre est la suivante: cette compagnie a-t-elle voulu remplacer la justice pour le meurtre de 270 innocents par des profits pétroliers?", s'interrogent les sénateurs.
M. Megrahi a été condamné en 2001 pour l'attentat à la bombe perpétré en 1988 contre un Boeing 747 au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie, qui avait fait 270 morts.
La justice écossaise avait provoqué la colère des Etats-Unis en le libérant en 2009 au motif qu'il souffrait d'un cancer terminal, et pour lui permettre de "mourir en Libye". Mais le condamné pourrait vivre dix ans ou plus, a estimé début juillet le cancérologue qui lui avait prédit trois mois de survie.