La Maison Blanche a convoqué le commandant des troupes américaines en Afghanistan afin qu'il s'explique sur des propos peu amènes qu'il a tenus lors d'une interview. Le président afghan, Hamid Karzaï, lui a apporté son soutien.
REUTERS - Barack Obama a convoqué le commandant en chef des forces alliées en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, pour qu'il s'explique sur le contenu d'un article dans lequel ses adjoints critiquent vivement l'administration américaine.
Dans l'entourage du président américain, on précise que le général McChrystal a reçu l'ordre de se rendre personnellement à une réunion prévue mercredi sur l'Afghanistan à la Maison blanche, "afin d'expliquer au Pentagone et au commandant en chef ses
it
déclarations à propos de ses collègues". De sources militaires, on rapporte que le commandant des forces internationales partira d'Afghanistan le jour de la réunion. On ignorait si le général McChrystal serait démis ou non de ses fonctions. Quelques heures après l'annonce de sa convocation, un porte-parole de la présidence afghane a fait savoir qu'Hamid Karzai apportait toute son soutien au général américain.
"Le président soutient le général McChrystal ainsi que sa stratégie en Afghanistan et pense qu'il est le meilleur commandant que les les Etats-Unis aient envoyé en Afghanistan au cours des neuf dernières années", a déclaré Waheed Omer.
Lundi, le général américain a publié un communiqué d'excuses, peu après la fuite dans les médias d'extraits d'un article du magazine Rolling Stone à paraître vendredi. Un conseiller de presse du général McChrystal, Duncan Boothby, a présenté mardi sa démission à la suite de cette affaire.
Excuses de McChrystal
Dans l'article mis en cause est notamment décrite "la déception" du général McChrystal à l'issue de son premier tête-à-tête avec le président des Etats-Unis l'année dernière.
Mais aussi certaines plaisanteries de ses adjoints concernant l'administration américaine. L'article cite notamment un membre de l'équipe de Stanley McChrystal se moquant du vice-président Joe Biden, considéré comme critique des efforts du général pour radicaliser le conflit. "Biden?", dit le conseiller. "Avez-vous dit : mords-moi?"
Plus loin, un autre conseiller qualifie de "clown resté figé en 1985", le conseiller de la Maison blanche à la Sécurité nationale Jim Jones, un général quatre étoiles à la retraite. "Je présente mes excuses les plus sincères (...) C'était une erreur, reflet d'un mauvais jugement; tout cela n'aurait jamais dû se produire", dit McChrystal dans son communiqué d'excuses. "Dans ma carrière, j'ai vécu avec les principes d'honneur personnel et d'intégrité professionnelle. Ce qui est reflété dans cet article est loin de ce standard", ajoute-t-il.
Le chef d'état-major interarmées Mike Mullen s'est dit mardi "profondément déçu par cet article et par les opinions qui y apparaissent". L'article de Rolling Stone, dans lequel toutes les sources ont requis l'anonymat, décrit un fossé entre l'armée américaine et les conseillers de Barack Obama à un moment particulièrement délicat pour le Pentagone, qui doit faire face à la critique de sa stratégie dans ce conflit vieux de près de neuf ans.
Stanley McChrystal y est présenté comme se sentant "trahi" par la fuite d'un document confidentiel survenue l'an dernier et imputée à l'ambassadeur des Etats-Unis en Afghanistan, Karl Eikenberry.
McChrystal a pris ses fonctions en juin 2009 en remplacement du général David McKiernan, remercié par l'administration américaine.