logo

États-Unis et Chine rejouent la "diplomatie du ping-pong"

Les États-Unis et la Chine ont commémoré la tournée de l'équipe américaine de tennis de table de 1971 en organisant un match symbolisant la "diplomatie du ping-pong" qui a favorisé l'établissement des relations entre les deux pays.

AFP - La Chine et les Etats-Unis ont rejoué mercredi à Pékin la "diplomatie du ping-pong", début du dégel qui allait aboutir il y a 30 ans à l'établissement des relations diplomatiques entre les deux puissances.

Remplaçant la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui a annulé son voyage en raison du conflit israélo-palestinien à Gaza, le numéro deux du département d'Etat John Negroponte a assisté à un match de tennis de table dans la capitale chinoise, rappelant celui d'avril 1971, début du dégel entre les deux puissances.

A l'époque, la Chine avait invité une équipe des Etats-Unis à participer à un tournoi de ping-pong. La même année, le secrétaire d'Etat Henry Kissinger était venu en visite secrète en Chine pour rencontrer le Premier ministre Zhou Enlai, marquant le début du rapprochement entre les deux pays.

Mercredi, des anciens joueurs, chinois et américains, sont venus revivre le match de 1971, en compagnie d'athlètes des équipes actuelles.

Cette diplomatie du ping-pong "a joué un rôle très important et aujourd'hui 30 ans après, nous avons une relation très large et profonde", a déclaré M. Negroponte avant de s'entretenir avec le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi.

La première puissance mondiale et le géant asiatique ont établi des relations diplomatiques le 1er janvier 1979 après que Washington eut décidé de reconnaître Pékin sur la scène internationale en lieu et place de son ancien allié Taïwan, dirigé par les nationalistes après leur défaite sur le continent face aux communistes en 1949.

"Les possibilités sont nombreuses en ce qui concerne les relations USA-Chine et je suis sûr que dans les 30 prochaines années, elles ne peuvent qu'être meilleures", a assuré mercredi M. Negroponte.

Dimanche, dans l'une de ses dernières conversations avec le président américain George W. Bush, qui doit laisser sa place le 20 janvier au démocrate Barack Obama, le numéro un chinois Hu Jintao a également exprimé sa confiance dans le fait que les relations bilatérales resteraient "saines et stables, complètes et profondes".

Lors de son déplacement qui doit durer deux jours, au cours duquel il verra également le vice-président Xi Jinping, possible numéro un du régime communiste chinois en 2012, M. Negroponte doit également aborder d'autres sujets.

"La Corée du Nord, l'Iran... la relation est vaste. Je suis sûr qu'ils discuteront aussi des questions économiques", a expliqué mardi le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack.

Les relations entre les deux grandes puissances sont complexes. Si les deux nations se sont engagées dans un dialogue stratégique, l'affirmation de la Chine sur la scène internationale, à la mesure de ses progrès économiques, ont accru certains différends, en matière militaire ou commerciale.

"Il y a un manque de confiance mutuelle stratégique entre les deux parties, elles ont des valeurs différentes", estime Liu Weidong, chercheur à l'Académie chinoise des sciences sociales.

"Les Etats-Unis s'inquiétaient de savoir si l'émergence de la Chine était pacifique et maintenant ils s'inquiètent de savoir si la Chine peut rester pacifique après son émergence", ajoute-t-il.

Pour David Zweig, expert de la diplomatie chinoise à l'Université de la Science et de la Technologie de Hong Kong, "vous avez désormais dans le monde une puissance dominante -- les Etats-Unis -- et une autre puissance qui s'affirme -- la Chine".

"La manière dont ces deux puissances traitent leurs affaires entre elles déterminera beaucoup l'avenir du monde au cours des 30 prochaines années", dit-il.