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L'émirat demande l'arrestation du chef du Mossad s'il est lié au complot

L'émirat de Dubaï, persuadé de l'implication du Mossad dans le meurtre d'un chef du Hamas sur son territoire en janvier, souhaite l'arrestation du chef des services israéliens du renseignement le cas échéant.

AFP - Le chef de la police de Dubaï a affirmé jeudi que le chef du Mossad devrait être arrêté dans le cas, hautement probable selon lui, d'une implication des services israéliens du renseignement dans l'assassinat d'un cadre du Hamas dans l'émirat.

"S'il s'avère que le Mossad est derrière ce crime, ce qui est à présent très vraisemblable, Interpol devrait émettre une notice rouge à l'encontre du chef du Mossad (Meir Dagan), car cela en ferait un meurtrier", a déclaré le général Dhahi Khalfan dans une interview à la télévision de Dubaï.

Les notices rouges d'Interpol sont des avis de recherche en vue d'extradition visant des personnes recherchées par un Etat, selon le site internet de l'organisation de coopération policière internationale.

Mahmoud al-Mabhouh, l'un des fondateurs de la branche militaire du mouvement islamiste palestinien Hamas, a été retrouvé assassiné dans sa chambre d'hôtel à Dubaï le 20 janvier.

"Je parle du Mossad après qu'il a été révélé que sept suspects (...) vivaient en Israël depuis des années", a expliqué le général Khalfan. "Naturellement, la partie qui fait ce genre de chose en Israël, c'est le Mossad. Il envoie des commandos de tueurs et des groupes chargés de l'intimidation", a-t-il ajouté.

La police de Dubaï a révélé que parmi les membres du commando qui a mené l'opération, six détenaient des passeports britanniques, trois des passeports irlandais et deux un passeport français et allemand.

Au total, cinq faux passeports irlandais ont été utilisés, a de son côté annoncé jeudi soir le ministère irlandais des Affaires étrangères.

Selon la presse israélienne, le commando a vraisemblablement usurpé l'identité d'au moins sept Israéliens détenteurs d'une double nationalité.

Envoyer un "nombre si énorme" d'assassins relève de "la plus grande lâcheté et faiblesse", a poursuivi le chef de la police de Dubaï.

Il a indiqué qu'il y avait d'autres noms à révéler mais a ajouté que la police avait reçu l'ordre du dirigeant de l'émirat, cheikh Mohammed ben Rached al-Maktoum, de ne rien rendre public avant d'en être absolument certain.

Interpol a annoncé jeudi avoir émis des "notices rouges à l'encontre de onze individus internationalement recherchés" et "accusés par les autorités de Dubaï d'avoir coordonné et commis le meurtre".

"Interpol ayant des raisons de penser que les suspects liés à ce meurtre ont usurpé les identités de personnes existantes, les notices rouges précisent que les noms utilisés étaient des couvertures pour commettre le meurtre", a indiqué l'organisation.

Le général Khalfan a appelé à "la formation d'une équipe internationale constituée de représentants de la police des Emirats, de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Irlande et de l'Allemagne pour rechercher" les meurtriers.

Les gouvernements britannique et irlandais ont convoqué jeudi les ambassadeurs d'Israël pour s'expliquer sur l'utilisation de faux passeports. La France a également demandé à Israël des explications, de même que Berlin.

Mahmoud al-Mabhouh était accusé par Israël d'être l'un des principaux responsables d'un trafic d'armes iraniennes à destination de Gaza.

Selon le général Khalfan, Mabhouh faisait escale à Dubaï, en route pour la Chine puis le Soudan.

Il a affirmé que le responsable palestinien n'avait pas respecté au cours de son bref séjour à Dubaï "les mesures de sécurité les plus élémentaires".

"Notre enquête a révélé que le Mossad est impliqué dans le meurtre de Mabhouh. Il est certain à 99%, sinon à 100% que le Mossad est derrière l'assassinat", avait déclaré auparavant le général Khalfan au journal The National relevant du gouvernement d'Abou Dhabi.