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Des stades modernes mais vides, des buts incroyables... Nos tops et nos flops après 10 jours de CAN
De nos envoyés spéciaux au Maroc – La phase de poules de la Coupe d'Afrique 2025 est déjà terminée. L'occasion de faire un premier bilan de la compétition organisée au Maroc. Déceptions, surprises, coups de cœur et coups de gueule : nos envoyés spéciaux nous livrent leurs impressions.
Ayoub El-Kaabi a déjà inscrit trois buts spectaculaires dans cette CAN 2025 qui se déroule chez lui, au Maroc. © Abdel Majid Bziouat, AFP

Nos tops de la CAN 2025

Des infrastructures ultra-modernes

Pour cette Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2025, le Maroc a placé la barre très haut en termes d'organisation et d'infrastructures. Avec, en ligne de mire, la Coupe du Monde 2030, organisée sur son sol. Avant l'échéance de la CAN, le Maroc avait eu le temps de se roder avec le Championnat d'Afrique des nations en 2018, la CAN féminine de futsal, la CAN féminine cette année, ainsi que la Coupe du monde U17 féminine.

Plusieurs stades du royaume ont été entièrement rénovés pour répondre aux normes internationales et d'autres sont sortis de terre juste à temps pour la compétition.

"Le standard international de cette édition n'aura rien à envier à la Coupe d'Europe ou à la Coupe du monde", avait prévenu Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football. Et c'est effectivement le cas, avec des arènes ultra-modernes, notamment le flambant neuf stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, qui n'a rien à envier aux grands stades européens.

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Outre les tribunes, la qualité des pelouses est également vantée par les acteurs sur le terrain. Le sélectionneur tunisien Sami Trabelsi s'est par exemple dit "impressionné par les infrastructures" marocaines. "Aujourd'hui, après trois heures de fortes pluies, la pelouse est restée en très bon état. Merci à eux, ça nous a permis de jouer notre football", a-t-il déclaré après la victoire contre l'Ouganda le 23 décembre, au stade olympique de Rabat.

Marhaba, ou l'hospitalité marocaine

"Tout est bien préparé, c'est chaleureux, accueillant ! C'est ça, les Marocains !", s'enthousiasmait Assala, supportrice marocaine rencontrée au premier jour de la CAN.

Et force est de constater que l'hospitalité marocaine est à la hauteur de sa réputation. "Marhaba !", "Bienvenue !". Dans les stades et en dehors, les spectateurs de la CAN sont traités comme des invités de marque. C'est le cas aussi des supporters d'autres nations venus soutenir leur équipe.

"L'ambiance est extraordinaire. Tu ne peux pas imaginer combien les Marocains nous ont bien accueillis. Dès qu'on dit qu'on est algérien, on nous donne des câlins, de l'amour", raconte Raouf, qui a fait le trajet depuis l'Espagne pour supporter son équipe.

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Cette CAN a également attiré les stars, avec de nombreuses personnalités venues soutenir leur équipe de cœur : les footballeurs Kylian Mbappé, Aurélien Tchouameni, Zinedine Zidane venu encourager son fils qui tient les cages de l'Algérie, et les légendes africaines Roger Milla ou Rabah Madjer. Mais aussi, en vrac, Youssoupha, Gims, Jamel Debbouze, Gad Elmaleh, Khaled....

Le retourné acrobatique, but signature d'El-Kaabi

Trois buts, dont deux qui peuvent déjà entrer dans le top 5 des plus belles réalisations de cette CAN. L'attaquant marocain Ayoub El-Kaabi allie l'utile à l'agréable.

Entré en jeu lors du match d'ouverture contre les Comores, il inscrit d'une bicyclette le but du break qui met à l'abri les Lions de l'Atlas, alors sous pression (2-0).

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Et lors du dernier match de poules, contre la Zambie, il redonne espoir et confiance à tout un peuple. L'attaquant de l'Olympiakos, âgé de 32 ans, ouvre le score d'un but de la tête, avant de refaire dans l'acrobatie sur le troisième but marocain.

Les pays arabes au rendez-vous

Chez les habitués de la Coupe d'Afrique, il est de coutume de dire que les pays arabes ont toujours du mal à s'imposer en Afrique subsaharienne.

En revanche, le trophée leur revient souvent quand la compétition est organisée chez eux. Au Maroc, la règle se vérifie : les Lions de l'Atlas, l'Algérie, la Tunisie et l'Égypte ont tous surmonté haut la main l'épreuve de la phase de groupes. Plus étonnant, la sélection du Soudan, pays en proie à la guerre civile, s'est invitée en huitièmes de finale.

Les flops de la CAN 2025

Des stades qui sonnent creux et des problèmes de billetterie

Au lendemain du match d'ouverture, qui s'est tenu à guichets fermés, la rencontre Mali-Zambie, qui s'est déroulée à 15 h à Casablanca, s'est joué dans un stade quasiment vide. Pour les affiches moins prestigieuses du premier tour, programmées en semaine et en journée, les stades sonnaient désespérément creux. Il a donc été décidé, pour certains matches, d'ouvrir grand les portes des stades aux supporters qui n'avaient pas de billet, plusieurs minutes après le coup d'envoi. Seule condition : s'être identifié sur l'application officielle de la compétition. Mais après quelques jours, ce dispositif a pris fin, probablement victime de son succès.

Autre problème souvent souligné par les supporters : des grosses affiches annoncées complètes, mais dont les tribunes ne sont pas pleines et pour lesquelles il faut se rabattre sur le marché noir afin d'obtenir des places. Un gros point noir dans cette organisation, dont la Confédération africaine de football (CAF) devra se saisir.

La catastrophe Gabon

Avant le lancement de la compétition, on voyait le Gabon comme l'équipe surprise de cette CAN, celle qui irait loin en déjouant les pronostics, portée par les vieux guerriers Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga. Plantage dans les grandes largeurs. La belle dynamique des éliminatoires du Mondial 2026 s'est éteinte avec la défaite au tournoi de barrages. Au Maroc, les Panthères se sont vues dominées par le Cameroun, puis surprises par le Mozambique. À l'arrivée, une élimination avant même la 3e journée. Avec une réaction d'orgueil contre la Côte d'Ivoire, mais trop tard.

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Arbitrages et la VAR

On pensait les sempiternels débats et moqueries sur l'arbitrage à la CAN enfin derrière nous avec l'instauration de la VAR en 2022. Mais chassez le naturel, il revient au galop tel un sprint de l'Étalon Bertrand Traoré, fauché dans la surface sans obtenir de penalty. Plusieurs faits de jeu et situations litigieuses ont occasionné des polémiques. Panne de la VAR lors de la rencontre entre la RD Congo et le Bénin, faute litigieuse sur Mohamed Salah, main oubliée pour l'Afrique du sud, Maliens obligés de provoquer une bagarre pour que la VAR soit enclenchée... On en passe et des meilleures. Bref, carton rouge pour l'arbitrage.

Une CAN qui manque de surprises

L'édition marocaine a peut-être simplement le tort de passer après la folle édition ivoirienne, mais est-ce que cette 35e édition ne manque pas de surprises ? Tous les membres du chapeau 1 et 2 du tirage au sort terminent à la 1ère ou à la 2e place de leur poule sans coup férir. Certes, le Mozambique et la Tanzanie s'invitent en huitièmes de finale pour la première fois de leur histoire, en terminant troisième de leur groupe. Oui, l'histoire des Soudanais dans les 16 meilleures équipes d'Afrique, alors que le pays est en proie à la guerre civile, est belle. Mais où sont les moments chocs et les éliminations de cadors dès le premier tour ?

Mention spéciale pour la météo 

Les observateurs du foot africain interrogés veulent tous le mettre dans leurs flops, mais nous partons du principe que les organisateurs n'y peuvent rien. Réussi sur le terrain, ce début de CAN a été – littéralement – douché en dehors par les pluies diluviennes qui s'abattent sur le Maroc depuis le coup d'envoi de la compétition. Les cafés, les restaurants, les terrasses et les fan zones font grise mine. Mais les supporters font contre mauvaise fortune, bon cœur : "Qu'il pleuve ! Qu'il neige ! Qu'il vente ! On va soutenir le Maroc", promet une supportrice des Lions de l'Atlas.