
Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron président une réunion du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité à Noervenich, en Allemagne, le 17 juillet 2026. © Rolf Vennenbernd, DPA via AP
Les forces allemandes vont participer "dès cette année" à un exercice nucléaire français, a annoncé vendredi 17 juillet le chancelier Friedrich Merz, un pas symbolique vers une "dissuasion européenne" que Berlin et Paris appellent de leurs vœux.
"L'Allemagne et la France approfondissent leur coopération en matière de défense. Nous renforçons la dissuasion européenne. Dès cette année, nous prendrons part à un exercice nucléaire des forces armées françaises", a déclaré sur X le dirigeant allemand à l'issue du conseil des ministres bilatéral qui s'est tenu à Brühl, près de Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne.
La présence d'un Rafale des forces stratégiques françaises sur la base aérienne de Nörvenich, où Friedrich Merz et le président Emmanuel Macron ont tenu vendredi matin un conseil commun de défense et de sécurité, "marque la première étape opérationnelle" de cette coopération, ont-ils affirmé dans une déclaration écrite finale.
Dans un discours le 2 mars, Emmanuel Macron a exposé le concept de "dissuasion avancée", associant huit pays européens mais "sans aucun partage de la décision ultime" d'engagement du feu nucléaire qui restera une prérogative exclusive du président français.
"Accroître la sécurité" du continent
Cette dissuasion avancée offre la possibilité pour les pays partenaires de participer aux exercices nucléaires français, avec des moyens conventionnels, et pour la France d'y déployer, de façon temporaire, des avions Rafale susceptibles d'emporter la bombe atomique.
Les partenaires de Paris pourraient participer à la dissuasion sur trois points, l'alerte avancée, notamment les radars, les frappes dans la profondeur et la défense antimissiles.
Pour assurer la crédibilité de la dissuasion, les forces françaises effectuent quatre fois par an l'exercice "Poker", une opération aéroportée d'une dizaine d'heures simulant un raid nucléaire à très basse altitude et très grande vitesse avec opposition d'une force adverse.
Des responsables britanniques ont déjà pu, pour la première fois, assister à un Poker en décembre.
Cette coopération "contribuera à renforcer la dissuasion en Europe et à accroître la sécurité" du continent, tout en respectant les "obligations juridiques internationales des deux pays", écrivent encore les deux pays.
Après l'échec retentissant du projet commun d'avion de combat du futur Scaf, les deux pays ont par ailleurs convenu de travailler sur "un standard commun pour assurer l'interopérabilité" entre tous les systèmes de combat en vol, des drones aux avions de chasse.
Avec AFP
