
L'empereur Naruhito (au centre à gauche), l'impératrice Masako (au centre à droite) et d'autres membres de la famille impériale saluent la foule lors du 66e anniversaire de l'empereur au Palais impérial de Tokyo, le 23 février 2026. © STR, AFP
Le Parlement japonais a adopté vendredi 17 juillet une révision de la loi sur la succession impériale, mais a maintenu l'impossibilité pour une femme de devenir empereur, alors même que les sondages d'opinion suggèrent qu'une telle solution bénéficierait d'un large soutien du public.
L'avenir de la maison impériale – qui, selon la tradition, descend de la déesse du soleil du shintoïsme, Amaterasu – repose actuellement sur le prince Hisahito, neveu de 19 ans de l'empereur Naruhito, âgé de 66 ans.
Si le prince Hisahito, tout juste sorti de l'école et qui étudie actuellement la biologie et les insectes, et qui n'est pas marié, n'a pas de fils, il n'aura alors aucun héritier selon les règles actuelles et la lignée s'éteindra.
Le texte, adopté à une large majorité par la Chambre haute vendredi, autorise le retour dans la famille impériale, par adoption, de parents masculins éloignés âgés de plus de 15 ans, à condition qu'ils soient célibataires.
Il permet également aux femmes de conserver leur statut royal après avoir épousé un roturier, ce qui est déjà autorisé pour les hommes.
La princesse Aiko exclue, au regret général
La loi sur la maison impériale du Japon, en vigueur depuis 1947, n'autorise pas les femmes à accéder au trône du Chrysanthème, et le droit à la succession ne peut être transmis que par la lignée masculine.
Cette disposition exclut de facto la populaire princesse Aiko, 24 ans, fille de Naruhito, ainsi que les deux soeurs aînées du prince Hisahito, de toute possibilité de devenir empereur.
La législation a été adoptée après d'importantes tractations au sein du parti conservateur au pouvoir dirigé par Sanae Takaichi, première femme Premier ministre du Japon, qui s'oppose à la succession féminine.
Seiichiro Murakami, vétéran du Parti libéral-démocrate au pouvoir, a déclaré après l'adoption du texte par la Chambre basse le 10 juillet qu'il était "tout à fait scandaleux" d'écarter la possibilité de voir la princesse Aiko devenir empereur.
Selon un sondage de l'Asahi publié en mai, 72 % des Japonais se disent favorables à une modification des règles pour autoriser les femmes à accéder au trône.
Une option "irréaliste", selon un ancien membre de la famille impériale
Un ancien membre de la famille impériale, Asahiro Kuni, 81 ans, a déclaré qu'il serait irréaliste d'adopter des parents masculins éloignés, affirmant qu'il conseillerait à ses petits-enfants de refuser une telle proposition.
Asahiro Kuni est membre de l'une des 11 branches de la famille impériale qui ont quitté le registre impérial après la Seconde Guerre mondiale.
"À l'âge de 15 ans, une personne a grandi en respirant l'air de la liberté", a-t-il déclaré. "Je pense qu'il serait difficile de s'adapter à la vie au sein de la famille impériale", a-t-il ajouté dans le quotidien Asahi.
"Il y a peut-être des personnes qui souhaiteraient rejoindre la famille impériale, mais si elles comprenaient les difficultés de la vie en tant que membre de cette famille, elles ne le diraient probablement pas", a-t-il ajouté.
Le quotidien Yomiuri, habituellement fervent soutien du PLD, a également critiqué le gouvernement dans un récent éditorial.
La famille impériale compte désormais 16 membres au total, dont cinq hommes.
Avec AFP
