
Le président des États-Unis Donald Trump tient le trophée de la Coupe du monde sous le regard du président de la Fifa, Gianni Infantino, lors d'une annonce faite dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 22 août 2025, à Washington. © Jacquelyn Martin, AP
Jusqu'ici, Donald Trump s'était abstenu de se mêler du Mondial co-organisé par Washington, mais mercredi dernier, il s'est fendu d'un coup de fil au patron de la Fifa, Gianni Infantino. L'objet de l'échange : la suspension du joueur phare de la team USA, Folarin Balogun, après un carton rouge. La sanction a bel et bien été annulée en vue du huitième de finale, mardi 7 juillet, que les États-Unis disputeront contre la Belgique.
Si cette décision a scandalisé la planète foot, ce n'est pas le premier cas d'ingérence politique observé en Coupe du monde. Retour sur les principales dates.
1934 : les pressions de Mussolini
L'Italie fasciste organise la deuxième Coupe du monde de l'histoire et "Il Duce", qui n'aime pas le football contrairement à son peuple, y voit une occasion rêvée de glorifier son régime politique.

Présent à chaque match, Mussolini se rend dans les vestiaires et l'arbitrage s'avère bien avantageux pour le pays-hôte finalement sacré, au point que la Fifa décidera ensuite de suspendre à vie deux arbitres.
1938 : Mussolini menace encore, les Autrichiens sous bannière nazie
Un an avant la Deuxième Guerre Mondiale, l'Autriche tout juste annexée par l'Allemagne nazie déclare forfait et plusieurs de ses joueurs sont contraints de jouer pour la Mannschaft, avec de surcroît l'obligation d'exécuter le salut nazi au Parc des Princes. L'Allemagne ne dépassera cependant pas les huitièmes de finale.
L'Italie, elle, conserve son titre, ses joueurs portant des maillots noirs qui rappellent la tenue des miliciens transalpins. Avant la finale, Mussolini leur envoie un court mais glaçant message: "Vaincre ou mourir".
1978 : soupçons de corruption en Argentine
Organisé sous la dictature du général Jorge Rafael Videla, le "Mundial", visant à redorer l'image du régime, voit l'Argentine décrocher son premier titre, entaché de fortes suspicions de corruption.

Pour parvenir en finale, l'Albiceleste devait battre le Pérou par au moins quatre buts d'écart afin de dépasser le Brésil. Les Péruviens, pourtant apparus solides défensivement en début de tournoi, s'effondrent et s'inclinent 6-0. Au fil des ans, sans que la preuve ne soit apportée, plusieurs témoignages dénonceront un pacte de corruption entre les deux dictatures.
1982 : France-Koweït et l'irruption du cheikh
À Valladolid, les Bleus viennent d'inscrire le but du 4-1 par Alain Giresse, contesté par les Koweïtiens ayant entendu un coup de sifflet qu'ils ont cru signifier un hors jeu. Alors que l'arbitre a bien validé le but, le cheikh Fahad al-Ahmed al-Jaber al-Sabah, frère cadet de l'émir, et par ailleurs le président de la Fédération koweïtienne de foot, descend des tribunes, et entre sur la pelouse, à la stupéfaction générale. Dans la confusion la plus totale, le but est invalidé par l'arbitre, qui en paiera le prix d'une radiation à vie par la Fifa.
2026 : le coup de fil de Trump à Infantino
Mécontent du carton rouge infligé à Folarin Balogun lors de la victoire des États-Unis contre la Bosnie-Herzégovine en seizièmes de finale, synonyme de suspension automatique de l'attaquant américain pour le match suivant contre la Belgique, Donald Trump appelle le patron de la Fifa, Gianni Infantino, pour demander le réexamen de la sanction.
Quatre jours plus tard, l'instance mondiale annonce que sa commission de discipline a modifié la sanction. En invoquant l'article 27 du code disciplinaire de la Fifa, le match de suspension ferme a été commué en "un match de suspension avec sursis, assorti d'une période probatoire d'un an".
Conséquence: le meilleur buteur de Team USA dans cette Coupe du monde avec 3 buts pourra bien être aligné à Seattle mardi 7 juillet, 2 heures du matin heure française, lors du huitième de finale face aux Diables rouges. Un retour qui ne sera sans doute pas sans conséquences du côté belge, dont la fédération, "stupéfaite par la décision", étudie tous les recours possibles.
Avec AFP
