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Iran : le cortège funèbre d'Ali Khamenei débute sa traversée de Téhéran
La République islamique d'Iran entre lundi dans son troisième jour d'obsèques nationales, conçues comme une démonstration de force et d'unité par le pouvoir iranien. Le cortège funèbre s'est élancé à travers sa capitale, Téhéran, pour les funérailles du défunt Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. 
Un foule rassemblée sur la place de la Révolution islamique et aux alentours, dans l'attente du cortège funèbre de l'ayatollah Ali Khamenei, à Téhéran, le 6 juillet 2026. © Altaf Qadri, AP

Le cortège funèbre transportant la dépouille de l'ayatollah Ali Khamenei tué fin juillet, s'est mis en route lundi 6 juillet dans les rues de Téhéran, rapporte la télévision d'Etat iranienne, qui consacre ses programmes à l'évènement.

Le cercueil avait été exposé pendant deux jours à la Grande Mosalla, un site religieux et politique de la capitale, où des partisans du régime ont afflué pour dire adieu à leur dirigeant assassiné dans des bombardements israélo-américains le 28 février.

La procession de lundi doit durer de 10 à 12 heures et passer, entre autres, par l'emblématique rue Enghelab (révolution), selon les autorités, qui annoncent la venue de millions de personnes.

Des photos prises par l'AFP lundi matin montrent des centaines de personnes, pour beaucoup vêtues de noir, certaines brandissant des drapeaux iraniens ou des portraits du défunt guide suprême. Une personne tient une pancarte indiquant "À bas les États-Unis" et une autre montrant le président américain Donald Trump recouvert d'une cible.

Des personnes rassemblées sur la place de l'imam Hussein, dans l'est de la capitale, "ont symboliquement pendu Trump", a rapporté la télévision d'État, en partageant une vidéo sur laquelle figure un mannequin pendu à un gibet de fortune.

La crainte d'un mouvement de foule

Il n'a pas été précisé si les participants au cortège pourraient s'approcher du cercueil de Khamenei, qui avait été tenu à distance du public à la Mosalla par de grands murs de béton pour éviter les bousculades.

Le 6 juin 1989, une foule en transe avait pris d'assaut le cortège funéraire du précédent guide suprême Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique : le linceul avait été déchiré et le corps était tombé à terre.

C'est finalement par hélicoptère que le corps avait été transféré pour être inhumé dans un cimetière près de Téhéran, avec plusieurs heures de retard.

Selon l'agence iranienne officielle Irna, pas moins de 10 millions de personnes avaient afflué et les mouvements de foule avaient fait plus de dix morts et plus de 10 000 blessés.

Mojtaba, le grand absent

Les funérailles d'Ali Khamenei, qui avait le dernier mot sur les grandes orientations de la République islamique, ont officiellement débuté samedi.

Pendant deux jours, une foule d'Iraniens s'est pressée dans l'enceinte de la Grande Mosalla pour apercevoir le cercueil aux couleurs du drapeau iranien.

Selon des images de la télévision d'Etat, trois fils d'Ali Khamenei - Massoud, Mostafa et Meysam - sont venus à la Mosalla, avec nombre de dirigeants iraniens, mais pas Mojtaba, qui lui a succédé à la fonction de guide suprême.

Blessé dans les bombardements qui ont tué son père, le dirigeant de 56 ans n'a pas été vu en public et ne s'exprime que via des communiqués qui lui sont attribués, ce qui alimente les doutes sur son état de santé réel.

Dimanche et lundi ont été déclarés jours fériés pour permettre aux Iraniens de participer aux cérémonies, alors que les autorités affirment attendre au total entre 15 et 20 millions de personnes rien qu'à Téhéran, capitale qui compte à elle seule plus de 10 millions d'habitants. Un chiffre impossible à vérifier.

Après la procession, le cercueil doit faire escale à Qom puis dans des sanctuaires en Irak, où vit une importante communauté chiite.

L'inhumation aura lieu jeudi dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont Ali Khamenei, était originaire.

Initialement prévues en mars, les funérailles avaient été reportées en raison de la guerre.

Les dirigeants iraniens les ont conçues comme une démonstration de force, en pleines discussions avec Washington après la signature le mois dernier d'un accord-cadre pour parvenir à un règlement durable du conflit.

Avec AFP