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Mondial 2026 : pour l'UEFA et Blatter, la Fifa dépasse les bornes
L'UEFA condamne avec des mots forts la décision de la Fifa d'alléger la peine de l'attaquant américain Folarin Balogun dans un communiqué lundi. L'ancien président de la fédération fustige quant à lui la "relation" qui unit Donald Trump à l'actuel chef de la Fifa, Gianni Infantino. Le joueur de la team USA devrait être présent au coup d'envoi du match mardi à 2 h du matin.
Image d'illustration : Le trophée de la Ligue des Nations arborant le logo de l'UEFA est visible avant le match de demi-finale opposant l'Espagne à la France à la MHPArena, à Stuttgart, en Allemagne, jeudi 5 juin 2025. © Martin Meissner, AP

Le feuilleton n'est pas encore terminé. La Fifa "a franchi une ligne rouge" en suspendant en plein Mondial 2026 le carton rouge infligé à l'Américain Folarin Balogun, a déploré l'UEFA lundi 6 juillet, dénonçant une décision "inédite, incompréhensible et injustifiable".

"Le football, comme tout autre sport, repose sur des règles, qui sont le fondement d'une compétition équitable, honnête et transparente. Parfois, les règles sont sujettes à interprétation. En l'occurrence, ce n'est pas le cas", poursuit l'instance européenne dans une déclaration d'une rare sévérité.

L'UEFA n'a même pas fait allusion au coup de fil passé par le président américain Donald Trump au patron de la Fifa Gianni Infantino, confirmé à l'AFP par deux sources proches du dossier, rappelant plutôt la teneur des règlements. "Une suspension automatique minimale d'un match à la suite d'un carton rouge n'est pas une option laissée à la discrétion des instances et ne nécessite pas de décision d'un organe compétent pour être appliquée", souligne l'organisation européenne.

Lors du 16e de finale face opposant les États-Unis à la Bosnie-Herzégovine, Folarin Balogun avait été exclu pour avoir marché sur la jambe du défenseur bosnien Tarik Muharemovic à la réception d'un saut. Vendredi, il avait dit aux journalistes que ce carton rouge était quelque chose qu'il devait "juste accepter".

Mondial 2026 : pour l'UEFA et Blatter, la Fifa dépasse les bornes
L'arbitre brésilien Raphaël Claus brandit un carton rouge à l'encontre de l'Américain Folarin Balogun, à droite, lors du match des 32e de finale de la Coupe du monde opposant les États-Unis à la Bosnie à Santa Clara, en Californie, près de San Francisco, le 1er juillet 2026. © Julio Cortez, AP

Pour l'UEFA, sa suspension a minima pour le huitième face à la Belgique est "un principe inscrit dans les règlements, qui ne peut souffrir aucune exception, a fortiori en plein milieu d'un tournoi au cours duquel plusieurs autres joueurs ont connu la même situation".

"Lorsque la sécurité juridique des règles n'est plus garantie par ceux qui en sont les gardiens, c'est l'intégrité du jeu qui est en jeu et la crédibilité d'une compétition qui se trouve sapée. De même, une telle décision crée un précédent dans le tournoi en cours, où des situations similaires devront désormais recevoir un traitement identique, au détriment de la compétition", ajoute l'instance européenne.

Sepp Blatter, "où vas-tu, Fifa ?"

L'ancien président de la Fifa, Sepp Blatter, a lui aussi réagi vivement lundi 6 juillet, s'étonnant de la réduction de peine de l'attaquant américain, mais surtout du coup de téléphone de Donald Trump. "Les cartons rouges ne sont pas annulés par des appels téléphoniques politiques. Ils sont annulés par des règles, des preuves et des organismes indépendants", écrit le Suisse de 90 ans sur X.

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"Si un président des États-Unis intervient auprès du président de la FIFA – et qu'un joueur est soudainement blanchi avant un match à élimination directe de la Coupe du monde –, la question est inévitable : 'Quo vadis' [locution latine signifiant : 'Où vas-tu', NDLR], Fifa ?", poursuit l'ex-patron du foot mondial.

Poussé à la démission en 2015 par une cascade de scandales, Blatter n'a jamais mâché ses mots contre son successeur, Gianni Infantino, déplorant en février dernier dans le quotidien allemand Bild que la Fifa soit "une dictature", qui "se résume à son président".

"Trump va orchestrer un coup de publicité" à l'occasion du Mondial-2026 et "pour cela, il a besoin de son nouvel ami, le président de la Fifa, Gianni Infantino. Bien que le terme complice soit plus approprié qu'ami", fustigeait-il.

Après ce tourbillon extra-sportif, il ne reste qu'à savoir qui, des Américains ou des Belges, se qualifiera pour les quarts de finale.

Avec AFP