
Une session de la Knesset, le Parlement d'Israël, à Jerusalem, le 14 juillet 2025. © Ohad Zwigenberg, AP
Première victoire pour l'établissement d'une commission d'enquête sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023. Le Parlement israélien a approuvé, lundi 6 juillet, en première lecture une proposition de loi en ce sens, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais le vote a été boycotté par l'opposition qui estime que la commission proposée sera à la botte du gouvernement.
"Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les événements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi.
Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention.
Telle que définie par cette loi, les six membres de la commission seraient nommés par la Knesset, à la majorité des deux tiers. En l'absence d'un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l'opposition.
D'anciens otages, enlevés par le Hamas lors du 7-Octobre, ou des membres de familles endeuillées auraient un rôle d'observateurs, tandis que les délibérations de la commission seraient diffusées et accessibles au grand public.
Ariel Kallner, parlementaire à l'initiative de la loi, a défendu la composition bipartisane de la commission. "Seule une commission formée de façon égalitaire nous permettra de découvrir la vérité et de préserver la confiance de l'opinion publique. Cette commission pourra enquêter sur n'importe quelle entité qui a profondément influencé la politique sécuritaire d'Israël", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la Knesset.
Une commission d'enquête nationale indépendante réclamée par l'opposition
Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1 200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles.
En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 73 000 morts en deux ans, d'après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.
Des personnalités d'opposition ont fait savoir qu'elles boycotteraient toute commission nommée par des hommes politiques.
Dans ce cas, le pouvoir de désigner des membres échoirait en dernière instance au président du Parlement, ce qui reviendrait à confier le contrôle du processus à la coalition au pouvoir.
L'opposition appelle depuis longtemps de ses voeux l'établissement d'une commission d'enquête nationale indépendante, mécanisme fréquemment mis en place par le passé lors de fiascos majeurs.
Les sondages indiquent qu'une majorité d'Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutiennent un tel mécanisme pour conduire l'enquête.
Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, actuellement en désaccord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur plusieurs sujets.
"L'opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d'empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu'a connu le peuple juif depuis l'Holocauste", a expliqué le chef de l'opposition Yaïr Lapid sur X.
La proposition de loi doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.
Mardi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour commémorer les 1 000 jours depuis l'attaque du 7-Octobre, exigeant la création d'une commission nationale d'enquête.
Avec AFP
