
Le défenseur néerlandais Virgil van Dijk et l'arrière-droit marocain Achraf Hakimi. © Studio graphique FMM
L'affiche est belle. Les Pays-Bas rencontrent, lundi 29 juin, en 16es de finale du Mondial 2026, le Maroc à Monterrey, au Mexique. Pour le sélectionneur néerlandais, Ronald Koeman, ce choc est prématuré.
"C'est un match très important entre deux équipes qui veulent aller le plus loin possible dans le tournoi", a-t-il déclaré, dimanche, en conférence de presse. "Un match de cette envergure arrive un peu trop tôt dans la Coupe du monde", a-t-il poursuivi. "Mais c'est ainsi, et ce sera un match très attractif. Nous allons jouer de manière offensive", a-t-il promis.
Cette rencontre est la seule parmi les seizièmes de finale à opposer deux équipes figurant dans le top 10 du classement de la Fifa. Les deux pays avaient même terminé dans le top 8 lors de la dernière Coupe du Monde il y a quatre ans. Le Maroc était devenu la première équipe africaine et arabe à atteindre les demi-finales, tandis que les Pays-Bas s'étaient inclinés de justesse aux tirs au but face à l'Argentine, future championne, en quart de finale.
Les Marocains ont "beaucoup de talent, mais nous aussi, et nous savons où nous devons les contrer, les déstabiliser, et nous ne sommes pas inquiets", a déclaré le sélectionneur néerlandais.
"Ils ont beaucoup de bons joueurs. Le milieu défensif qui perce actuellement, ce jeune qui fait ses preuves, en est un autre", a déclaré Virgil van Dijk l'expérimenté défenseur central en référence à Ayyoub Bouaddi, âgé de 18 ans. "Nous les avons analysés, nous nous sommes entraînés (...) et tout est prêt". "Maintenant, tout dépend de nous", a poursuivi Van Dijk. "J’ai vraiment hâte d’y être. Ce sera un match difficile dans des circonstances difficiles, mais j’ai hâte d’y être. Ce sont les matches auxquels on a envie de participer".
Pour afficher ce contenu Instagram, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixDes Oranje ambitieux
Les Pays-Bas, comme à chaque Coupe du monde, nourrissent l'ambition de jouer les premiers rôles, après avoir échoué trois fois en finales (1974, 1978 et 2010). Quart-de-finalistes en 2022, ils sont sortis premiers de leur groupe devant le Japon et la Suède, avec une attaque performante - en témoignent leurs dix buts inscrits. Le tout sans le meilleur buteur de l'histoire de la sélection, Memphis Depay, cantonné à un rôle de remplaçant par Ronald Koeman depuis le début du tournoi.
Mais le sélectionneur a trouvé sa nouvelle pépite en Brian Brobbey. L'attaquant de Sunderland a réalisé un doublé lors du carton contre la Suède (5-1) et marqué l'un des trois buts contre la Tunisie (3-1).
"Les gros matches arrivent", a salué le défenseur Jan Paul van Hecke, auteur du troisième but contre la Tunisie. "C'est ça que toutes les équipes veulent jouer en Coupe du monde, la nôtre est préparée pour cette rencontre" contre le Maroc, a-t-il dit.
"Je ne pense pas que le Maroc jouera comme la Tunisie, à onze derrière, il faudra maîtriser le ballon et ne pas faire d'erreurs", a ajouté le joueur de 26 ans, qui vient d'être transféré de Brighton à Tottenham pour près de 60 millions d'euros.
Les Lions de l'Atlas ont faim
Les deux équipes se sont déjà rencontrées lors d'une Coupe du monde. Aux États-Unis, en 1994, les Néerlandais s'étaient imposés (2-1) en phase de groupes.
Mais les Lions de l'Atlas ne sont plus les mêmes. Champions d'Afrique sur tapis vert (une décision contestée par le Sénégal auprès du Tribunal arbitral du sport) en début d'année, ils veulent désormais confirmer leur quatrième place surprise obtenue en 2022 au Qatar.
Le sélectionneur Mohamed Ouahbi, pilier de la formation à l'école de Rabat, qui a mené les moins de 20 ans au titre de champion du monde l'année dernière, peut s'appuyer sur des joueurs de très haut niveau comme Achraf Hakimi, double champion d'Europe en titre avec le PSG, ou encore Brahim Diaz, qui évolue au Real Madrid. Il peut aussi compter sur Ismael Saibari, triple buteur lors de la phase de groupes, une révélation au plus haut niveau. L'attaquant du PSV Eindhoven est d'ailleurs déjà convoité par le Bayern Munich.
Pour afficher ce contenu Instagram, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choix"Comme je l'ai dit avant la Coupe du monde, le Maroc est entré dans une nouvelle phase : celle de la confiance en soi", a assuré Mohamed Ouahbi après la victoire contre Haïti (4-2). "Nous entrons dans une étape où nous devons croire en la possibilité de remporter le titre et en faire notre objectif."
Hakimi, lui, ne semble pas perturbé par l'affaire judiciaire dont il est l'objet. Accusé de viol en 2023 par une jeune femme, il s'est pourvu en cassation après que son renvoi en procès a été confirmé le 19 juin par la justice française. Le joueur de 27 ans avait déclaré sur X attendre le procès "avec impatience", assurant: "Enfin, je pourrai parler."
Un derby
Le match aura aussi des allures de derby aux Pays-Bas. Une importante communauté marocaine (plus de 400 000 personnes) y vit, notamment à Amsterdam, et plusieurs internationaux retrouveront d'anciens co-équipiers sur le terrain. Cinq joueurs marocains affronteront cinq anciens ou actuels co-équipiers néerlandais lors du 16e de finale.
Le latéral gauche Noussair Mazraoui, né à Leiderdrop, a ainsi longtemps évolué avec Frenkie de Jong et Ryan Gravenberch à l'Ajax Amsterdam.
Achraf Hakimi a lui côtoyé Donyell Malen au Borussia Dortmund. Il a affirmé qu'il n'y aurait pas d'amitié sur le terrain, tout en insistant sur le respect qu'il porte à son ancien co-équipier. Le Maroc, a assuré le capitaine des Lions, "se prépare collectivement à affronter les Pays-Bas, avec pour objectif absolu de tout donner pour écrire l'Histoire".
Avec AFP et Reuters
