Pour la troisième journée consécutive, l'aviation israélienne poursuit son offensive aérienne dans la bande de Gaza. Le ministère de l'Intérieur du Hamas a été détruit. Quelques blessés commencent à être évacués en Égypte.
Retrouvez les témoignages de nos Observateurs sur l'offensive isréalienne à Gaza.
Deux jours après le début de l’opération israélienne baptisée "plomb durci" contre le Hamas dans la bande de Gaza, les attaques s’intensifient, en particulier sur la ville de Gaza. Durant la nuit de dimanche à lundi, l'aviation israélienne a lancé plusieurs dizaines de raids aériens, tuant sept Palestiniens dont six enfants, selon des sources hospitalières. L’idée d’une offensive terrestre dans Gaza paraît de plus en plus probable.
Pour la première fois, un bâtiment du gouvernement du Hamas - qui contrôle seul la bande de Gaza depuis juin 2007 – a été pris pour cible. Le ministère de l'Intérieur du gouvernement du Hamas à Gaza a été bombardé. Aucun bilan n’a pour l’heure été communiqué. Un peu plus tôt, l'Université islamique de Gaza, considérée comme un bastion du mouvement islamiste, avait également été bombardée, sans faire de victimes. Enfin, la maison d'un responsable de la branche militaire du Hamas, Maher Zakout, a été détruite dans l'après-midi. Celui-ci ne s'y trouvait pas au moment du raid, mais quatre membres de sa famille ont été tués.
Ces raids qui ont fait plus de 300 morts ont été lancés quelques jours après la fin du cessez-le-feu de six mois entre le gouvernement israélien et le Hamas. L’UNRWA, l'agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens, qui cite des chiffres de sources hospitalières, parle de 51 morts civils.
Radjaa Abou Dagga, correspondant de FRANCE 24 à Gaza, confirme cette escalade de la violence. "L’armée de l’air ne quitte jamais le ciel de Gaza", témoigne-t-il.
Par ailleurs, deux Israéliens ont été tués lundi et au moins sept autres blessés par des tirs de roquettes palestiniennes, notamment à Ashkelon, dans le sud d'Israël. Au total, trois Israéliens sont morts depuis le début de l'opération lancée samedi par l'Etat hébreu.
Israël a mobilisé 6 500 réservistes et réfléchit "à la prochaine étape"
Un haut-responsable du gouvernement israélien a annoncé que 6 500 réservistes avaient été mobilisés par Israël, qui semble préparer une attaque terrestre. Avi Pazner, porte-parole du gouvernement israélien, a précisé sur FRANCE 24 que le gouvernement "était encore en train de réfléchir à la prochaine étape".
Le correspondant FRANCE24 basé le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, Guillaume Auda, constate des tanks israéliens massés le long de la frontière. “Cela signifie deux choses”, indique-t-il. “La première, cette opération n’est pas près de se terminer. La seconde, Israël se prépare, si besoin, à une incursion dans la bande de Gaza”.
Les raids israéliens visent, selon l’Etat hébreu, à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud du pays depuis ce territoire contrôlé par le mouvement islamiste. "Notre but est simplement d’assurer la sécurité des habitants du sud d’Israël, tient à rappeler Avi Pazner. Nous allons faire comprendre au Hamas que s’attaquer à Israël est une grave erreur."
Les chars israéliens massés à la frontière de la bande de Gaza. (Crédit AFP) |
"Les attaques s’intensifient et l’armée cible aussi les lieux civils, les maisons et les mosquées", précise de son côté le journaliste Radjaa Abou Dagga. Quatre fillettes âgées d'un à douze ans d'une même famille ont notamment été tuées cette nuit, lors d'un raid aérien à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. Elles habitaient près d'une mosquée visée par les raids.
Israël estime que toutes leurs opérations militaires sont strictement dirigées contre le Hamas et ses sites militaires.
"97 % des victimes à Gaza sont des terroristes du Hamas", précise Avi Pazner. "Malheureusement, il est impossible dans des conditions de guerre qu’il n’y ait pas de victimes civiles."
"Pas assez de médicaments et de matériel médical"
Lundi, Israël a laissé passer un convoi d'aide humanitaire, en provenance de Turquie et d’Egypte, vers la bande de Gaza. "Le point de passage de Kerem Shalom a été ouvert. Environ 80 camions transportant des médicaments et des aliments devraient le traverser pour procéder à des transbordements", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'administration militaire, Peter Lerner.
La porte-parole de la Comité International de la Croix-Rouge (CICR) à Jérusalem, Anne-Sophie Bonefeld, a fait part de son inquiétude sur FRANCE24. “Nous sommes très préoccupés, particulièrement par la situation dans les hôpitaux”, indique-t-elle. “Le personnel est débordé, il n’y a pas assez de médicaments et de matériel médical pour traiter des blessés en temps de guerre."
Quelques-uns des centaines de Palestiniens blessés ont commencé à être évacués vers l'Egypte dans l'après-midi.
Les raids israléiens ont fait plus de 300 morts. (Crédit AFP) |
Peter Lerner a indiqué que "les deux autres points de passage de Karni et de Nahal Oz resteront fermés pour des raisons de sécurité, alors qu'il avait été prévu de les rouvrir".
De plus, l'armée israélienne a instauré une "zone militaire fermée" de deux à quatre kilomètres autour de la bande de Gaza.