
Le ministre de l'Economie Roland Lescure prend un selfie lors de la traditionnelle photo de groupe des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G7, le 18 mai 2026 à Paris © JULIEN DE ROSA / AFP
Les ministres des Finances du G7 réunis, lundi 18 mai à Paris, pour deux jours, avec notamment l'objectif de trouver un terrain d'entente pour affronter les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient.
"On va montrer que le multilatéralisme, c'est utile et que ça fonctionne", a déclaré lundi matin aux journalistes le ministre français de l'Économie et des Finances Roland Lescure.
À un mois du sommet du G7 à Evian (15-17 juin), qu'elle accueille au titre de la présidence tournante, la France veut maintenir le cap du dialogue alors que les tensions géopolitiques et commerciales s'intensifient et minent les relations internationales, jusqu'à l'allié américain, devenu imprévisible sous Donald Trump.
"On fait face à des défis majeurs, la guerre au Proche-Orient, évidemment, les déséquilibres multilatéraux qui sont aujourd'hui insoutenables, les enjeux de terres rares, de matériaux critiques, des enjeux d'aide au développement", a souligné Roland Lescure.

"La manière dont la croissance mondiale, aujourd'hui, se déroule, est clairement insoutenable", a-t-il estimé.
"C'est mon job!"
Dans un communiqué, le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a estimé que "le G7 est le cadre approprié pour discuter de ces enjeux urgents avec les Etats-Unis et les autres pays du G7".
En haut des priorités des grands argentiers du G7 : les conséquences économiques de la guerre et du blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, essentiel au transport d'hydrocarbures et d'engrais dont les cours ont bondi.
Conséquence de cette situation, le Fonds monétaire international (FMI) s'attend à une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus élevée en 2026.
Le patron de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a prévenu lundi qu'il restait encore "plusieurs semaines" de stocks commerciaux de pétrole mais que ceux-ci déclinaient "très rapidement"
Une nouvelle libération de stocks stratégiques, comme en mars, n'est toutefois pas à l'ordre du jour, selon Roland Lescure. Il s'est cependant montré prêt à en "discuter" si nécessaire dans un proche avenir.
Ces craintes inflationnistes ont engendré ces derniers jours un fort mouvement de vente des titres de dette d'Etat, et donc de hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines.

Interrogée à son arrivée au G7 Finances, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s'est dite "toujours préoccupée, c'est mon job!"
"Nous pouvons faire beaucoup (...) pour calmer les marchés et insuffler une dynamique positive", comme "les discussions que nous avons ici", a estimé le président de la Bundesbank, Joachim Nagel.
Face à l'inflation, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a appelé à ne pas prendre "des mesures qui aggraveraient la situation".
"Pression" sur la Russie
Pour atténuer la hausse des prix pétroliers, Washington avait mis en pause jusqu'au 16 mai des sanctions sur le pétrole russe, liées à la guerre en Ukraine.
"Ce n'est pas le moment de relâcher la pression des sanctions contre la Russie. Au contraire, nous devons faire respecter et appliquer cette pression", a déclaré le commissaire européen à l'Économie, Valdis Dombrovskis dans des déclarations rejoignant celles du ministre ukrainien des Finances, Sergii Marchenko, présent à Paris.
Les ministres tenteront aussi d'aplanir les désaccords sur le commerce international, marqué par les surtaxes douanières américains ou les surcapacités industrielles chinoises, et de sécuriser leurs approvisionnements en minéraux critiques.
Ces dernières années, les pays producteurs et transformateurs, Chine en tête, ont parfois restreint certaines exportations de ces composants essentiels pour des pans entiers de l'économie mondiale, ou profité de leur situation dominante pour influer sur les prix.
Dans un contexte de tensions commerciales, géopolitiques et financières, une reconnaissance commune de la situation serait déjà considérée comme une grande avancée par la présidence française.
Avec AFP
