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Les États-Unis créent un fonds pouvant indemniser les fidèles de Trump poursuivis sous Biden
Le ministère de la Justice américain a annoncé lundi la création d'un fonds d'indemnisation doté de près d'1,8 milliard de dollars. Ce fonds "anti-instrumentalisation" pourra être sollicité par des personnes estimant avoir été injustement poursuivies par l'administration du démocrate Joe Biden, comme les centaines de partisans de Donald Trump traduits en justice pour leur participation à l'assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021.
Image d'illustration. © Julia Demaree Nikhinson, AP

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé lundi 18 mai la création d'un fonds d'indemnisation "anti-instrumentalisation" doté de près d'1,8 milliard de dollars, qui pourra servir à "réparer" ce qu'il présente comme des préjudices subis par ses partisans poursuivis sous Joe Biden, l'opposition démocrate dénonçant une "caisse noire".

"Trump ne s'est pas contenté de gracier ses partisans qui ont pris d'assaut le Capitole. Il s'est maintenant arrangé (...) pour créer une caisse noire pour récompenser ses alliés - avec l'argent de vos impôts. Ça ne s'invente pas", a cinglé Hillary Clinton, candidate malheureuse à la présidence en 2016 contre Donald Trump.

"Le ministre de la Justice a créé le 'fonds anti-instrumentalisation' afin de mettre en place un processus systématique pour entendre et réparer les griefs des personnes ayant été victimes d'une instrumentalisation" politique de la justice, a indiqué le ministère dans un communiqué. "En échange de la création de ce fonds", Donald Trump a accepté de "retirer" sa plainte dans une affaire qui l'opposait au fisc américain (IRS), a précisé l'administration.

L'administration Trump veut "réparer les torts causés par le passé"

Dans ce dossier, où apparaissaient également ses deux fils aînés Eric et Donald Jr, le milliardaire républicain réclamait dix milliards de dollars de dommages et intérêts après la fuite de déclarations d'impôts pendant son premier mandat. Selon l'accord conclu, tous trois "recevront des excuses formelles mais pas de compensation financière ni aucun dédommagement d'aucune sorte", selon le ministère.

Ce fonds d'indemnisation sera doté d'1,776 milliard de dollars de fonds fédéraux et "cessera de traiter les demandes au plus tard le 15 décembre 2028", dernière année du second mandat de Donald Trump, détaille le communiqué. Ses cinq membres seront "nommés par le ministre de la Justice" et le président américain aura le pouvoir de "révoquer tout membre", précise-t-il.

"L'appareil d'État ne devrait jamais être instrumentalisé contre un Américain, et ce ministère a l'intention de réparer les torts causés par le passé, tout en veillant à ce que ça ne se reproduise pas", a déclaré le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump.

Ce fonds d'indemnisation pourra être sollicité par des personnes estimant avoir été injustement poursuivies par l'administration du démocrate Joe Biden, par exemple. Comme les centaines de partisans de Donald Trump traduits en justice pour leur participation à l'assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021, afin d'empêcher la certification de la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle de 2020. Donald Trump avait décidé de gracier plus d'un millier d'entre eux dès son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.

"Corruption pure et simple"

"Donald Trump a poursuivi son propre gouvernement. Son ministère de la Justice a conclu un accord avec Trump. Et maintenant Trump obtient une caisse noire de presque deux milliards de dollars pour récompenses ses propres alliés, fidèles et insurgés", a attaqué Chuck Schumer, à la tête de la minorité démocrate au Sénat. "De toutes les choses corrompues qu'il a faites, celle-ci est l'une des plus abjectes", a lancé l'élu.

La députée Alexandria Ocasio-Cortez a qualifié la manœuvre de "corruption pure et simple".

Un employé d'un prestataire du fisc américain a été condamné en janvier 2024 à cinq ans de prison pour avoir fait fuiter auprès de médias américains les déclarations d'impôts de Donald Trump et d'autres grandes fortunes américaines.

Le président américain a toujours refusé de publier ses déclarations de revenus, à l'inverse d'une longue tradition de ses prédécesseurs.

Depuis son retour à la présidence, Donald Trump a impulsé une série de mesures punitives contre ceux qu'il perçoit comme des ennemis, poussant à des poursuites pénales contre des adversaires politiques, purgeant des hauts responsables de l'administration considérés comme déloyaux, ciblant des cabinets d'avocats impliqués dans des affaires passées le concernant, ou encore sabrant des financements fédéraux à des universités.

Avec AFP