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À Montauban, hommage national à Florian Montorio, Casque bleu français tué au Liban
La France a rendu jeudi matin un hommage national à Florian Montorio, Casque bleu français tué samedi dans une embuscade au Liban. La cérémonie d'hommage a eu lieu au lendemain de la mort d'un autre soldat blessé dans la même embuscade, portant à trois le nombre de militaires français décédés depuis le début de cette guerre qui a embrasé la région.
Hommage national au sergent-chef Florian Montorio, le 23 avril 2026 à Montauban (Tarn-et-Garonne). Ce casque bleu a été tué le 18 avril dans une embuscade au Sud-Liban © Valentine CHAPUIS / AFP

Un hommage national a été rendu à Montauban, jeudi 23 avril, au sergent-chef Florian Montorio, Casque bleu tué samedi dans une embuscade au Liban et l'un des trois militaires français morts depuis le début de la guerre d'Israël et des États-Unis contre l'Iran fin février.

Âgé de 40 ans au moment de sa mort, Florian Montorio appartenait au 17e régiment du génie parachutiste (RGP) de Montauban, le seul régiment de ce type et dont la mission est d'être parachuté sur le théâtre d'opérations pour faciliter l'avancée d'autres troupes au sol.

La cérémonie d'hommage a eu lieu au lendemain de la mort d'un autre soldat blessé dans la même embuscade au Liban, portant à trois le nombre de militaires français décédés depuis le début de cette guerre qui a embrasé la région.

C'est sous un soleil éclatant, sur la vaste place d'armes de la caserne Doumerc de cette unité, que lui ont été rendus les honneurs funèbres militaires, lors d'une cérémonie présidée par la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et le chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill, en présence de Caroline de Monaco, marraine du régiment.

"Partout où Florian Montorio a servi, partout il s'est distingué", a déclaré au cours de son discours Catherine Vautrin, précisant que, depuis 1978, 144 militaires français ont perdu la vie au Liban.

Le soldat, toujours porté par "l'élan permanent du dépassement", a été "touché par un tir direct d'arme légère", a-t-elle précisé.

À Montauban, hommage national à Florian Montorio, Casque bleu français tué au Liban
Hommage national au sergent-chef Florian Montorio, le 23 avril 2026 à Montauban (Tarn-et-Garonne). Ce casque bleu a été tué le 18 avril dans une embuscade au Sud-Liban © Valentine CHAPUIS / AFP

Les autorités françaises et l'ONU ont attribué l'attaque ayant causé sa mort dans la région de Deir-Kifa au mouvement pro-iranien Hezbollah, actif dans le sud du Liban, qui a nié toute implication.

Mercredi, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé qu'un deuxième militaire français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), touché dans la même embuscade, avait succombé à ses blessures.

"Constitutif d'un crime de guerre"

Jeudi, Catherine Vautrin a aussi rendu hommage à ce soldat, Anicet Girardin, 31 ans : "Je veux avoir une pensée pour son camarade de combat", a-t-elle dit.

Selon elle, ce caporal-chef de 31 ans, avait été blessé alors qu'"il portait secours à son chef d'élément qui venait de tomber".

S'en prendre à des Casques bleus identifiables est "constitutif d'un crime de guerre", a souligné de son côté, également jeudi, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

La Finul avait aussi rappelé samedi que "les attaques délibérées contre les Casques bleus constituent de graves violations du droit international humanitaire ainsi que de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, et peuvent s'apparenter à des crimes de guerre".

À Montauban, hommage national à Florian Montorio, Casque bleu français tué au Liban
Photo diffusée le 18 avril 2026 sur le compte X du ministère français de la Défense montrant le sergent-major Florian Montorio, du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, tué lors d'une attaque contre la Finul, dans le sud du Liban © Handout / Compte X du ministère français de la Défense/AFP/Archives

Père de deux filles de 9 et 15 ans, Florian Montorio avait rejoint le 17e RGP en 2021 et devait retourner à la vie civile "d'ici quelques mois", a souligné samedi le responsable de ce régiment, le colonel Jérémy Akil.

Jeudi, après la cérémonie militaire, la mairie de Montauban a également organisé une "marche silencieuse": depuis la caserne, un cortège partira pour rejoindre une église de la ville où une messe sera célébrée.

Les Montalbanais pourront "stationner tout le long" et "rendre par leur présence un hommage au militaire qui a été tué", a expliqué à l'AFP Didier Lallemand, le maire (UDR) de la ville, rappelant "le lien historiquement très étroit" entre l'armée et la population locale.

"Dès l'annonce du décès de ce militaire, il y a vraiment eu une émotion qui s'est emparée de la ville", a-t-il dit soulignant que "l'armée à Montauban, c'est 3 500 militaires, donc c'est 3 500 familles, ce sont des enfants qui vont à l'école à Montauban, qui fréquentent les clubs sportifs, qui assistent aux manifestations".

Avec AFP