
Le président taïwanais Lai Ching-te lors d'une conférence de presse, le 26 novembre 2025, à Taipei. © Yimou Lee, Reuters
Les États-Unis ont dénoncé, mercredi 22 avril, une "campagne d'intimidation" de la Chine après la décision de plusieurs pays africains de révoquer leurs permis de survol au président taïwanais Lai Ching-te, ainsi poussé à reporter une visite en Eswatini, en Afrique australe.
Pékin a répondu vivement en parlant d'accusations "irresponsables" et en pressant Washington de cesser d'encourager les forces "séparatistes" taïwanaises.
Taipei a annoncé mardi repousser la visite de Lai Ching-te prévue cette semaine chez le dernier allié diplomatique de Taïwan en Afrique, après que "les Seychelles, l'île Maurice et Madagascar [eurent] révoqué leurs permis de survol de manière inattendue et sans préavis".
La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces. Elle se dit partisane d'une solution pacifique, mais n'exclut pas de recourir à la force pour prendre le contrôle de l'île.
"Ces pays agissent à la demande de la Chine"
Le département d'État américain s'est dit "préoccupé" par ce dossier dans un communiqué. "Ces pays agissent à la demande de la Chine", a-t-il accusé, dénonçant "un nouvel exemple de la campagne d'intimidation" de Pékin contre Taïwan et ses alliés.
Les États-Unis ont "critiqué de manière irresponsable les actions légitimes de la Chine visant à sauvegarder sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale", a dit un porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Guo Jiakun. Il a parlé lors d'un point presse d'"accusations dénuées de fondement" contre certains pays.
La Chine presse les États-Unis de "cesser d'instrumentaliser la question de Taïwan pour s'ingérer dans les affaires intérieures" chinoises, et de "cesser d'envoyer des signaux erronés aux forces séparatistes qui prônent l'indépendance de Taïwan", a-t-il dit.
L'Eswatini, ex-Swaziland, fait partie des 12 pays dans le monde qui reconnaissent encore la "République de Chine", le nom officiel de Taïwan. Tous les autres, ainsi que l'ONU, ne reconnaissent que Pékin comme seul représentant officiel de la Chine.
Le président américain Donald Trump est attendu en Chine mi-mai.
Avec AFP
