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Inauguration d'une mine de lithium : Macron défend sa stratégie en matière de projets industriels
Le président de la République a inauguré mercredi à Échassières, dans l'Allier, la mine de lithium de l'entreprise Imerys, qui doit permettre à terme d'équiper annuellement 700 000 voitures électriques. Un projet qui figure parmi les 150 "grands projets stratégiques" (GPS) bénéficiant de toutes les attentions de l'État et des collectivités territoriales.

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Le président français Emmanuel Macron lors d'une visite d'inauguration de la mine de lithium d'Imerys, leader mondial des spécialités minérales, dans la ville d'Échassières, dans l'Allier, le 22 avril 2026. © Jeff Pachoud, AFP
04:33

Après un Conseil des ministres délocalisé à Montluçon et un bain de foule, Emmanuel Macron a inauguré, mercredi 22 avril à Échassières, dans l'Allier, la nouvelle mine de lithium de l'entreprise Imerys. Un vaste projet assis sur un des principaux gisements mondiaux de minerai de lithium qui devrait permettre, à partir de 2030, de produire 34 000 tonnes par an d'hydroxyde de lithium et équiper annuellement 700 000 voitures électriques.

"C'est exactement le sens de l'histoire industrielle que nous devons faire", a affirmé Emmanuel Macron au milieu de la carrière, défendant longuement la "cohérence de cette décennie" qu'il aura passée à l'Élysée à rechercher la réduction des dépendances stratégiques européennes.

Le projet, baptisé "Emili", figure parmi les 150 "grands projets stratégiques" (GPS) bénéficiant de toutes les attentions de l'État et des collectivités territoriales, initiative annoncée en novembre par le président lors du premier sommet "Choose France – Édition France" et formellement lancée en janvier.

"Méthode Notre-Dame de Paris"

Portés pour moitié par des PME et des ETI, ces 150 projets sont répartis dans 63 départements, pour 71 milliards d'euros d'investissement cumulé, et couvrent "l'ensemble du spectre industriel stratégique", selon l'Élysée : agroalimentaire, centre de données, biocarburants, batteries, santé, aéronautique, défense...

Pour les accélérer, "c'est la méthode Notre-Dame de Paris", a plaidé Emmanuel Macron : "Un projet identifié, une chaîne de commandement claire, des gens à qui on rend compte et des délais record qu'on doit tenir."

La reconstruction de la vénérable cathédrale de Paris tient lieu d'exemple à suivre en matière de simplification et d'accélération des procédures, tout comme les Jeux olympiques de 2024, qui avaient été précédés d'une loi de simplification.

"Rien ne justifie que nous soyons une nation qui sait faire en cinq ans la reconstruction de Notre-Dame" et qui "parfois met plus de cinq ans à faire un projet industriel ou à faire un poulailler", à part "une forme d'à-quoi-bonisme", s'est exclamé le président, comme il l'avait fait en recevant des maires le 16 avril à l'Élysée.

Il s'agira donc à ses yeux de "150 cathédrales industrielles" et d'un "combat jumeau" en faveur de projets agricoles.

"Réduire massivement les délais"

Concrètement, le gouvernement compte avancer tambour battant grâce à la loi de "simplification" adoptée la semaine dernière au Parlement, mais aussi grâce à un "décret contentieux" pour les "projets stratégiques" pris ce mercredi, a détaillé le chef de l'État.

Pour échapper à des recours qui "freinent" les chantiers, les contentieux seront "unifiés" au niveau de la Cour administrative d'appel, ce qui est censé faire gagner "un an" sur les délais, a-t-il expliqué.

Deuxième point, la mise au point de "dispositifs clés-en-main" pour identifier et fournir du "foncier économique" prêt à l'emploi aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire qui veulent s'installer ou s'étendre.

Enfin, Emmanuel Macron, dont le bilan écologique est souvent jugé en demi-teinte, a aussi dit vouloir "simplifier les évaluations environnementales", en remettant "du bon sens" pour "réduire massivement les délais". "Non pas pour réduire l'exigence environnementale, mais simplement pour acter le fait qu'on a beaucoup de procédures", a-t-il assuré, confiant une mission en ce sens au ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

 Au milieu d'une actualité internationale chargée, entre la réception du Premier ministre libanais à l'Élysée et un déplacement à Chypre et en Grèce, et alors que son gouvernement se débat entre les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et les gels de crédits budgétaires, le chef de l'État a présidé mercredi la traditionnelle réunion hebdomadaire des ministres depuis Montluçon.

"Dans un souci de sobriété", a fait valoir la présidence, seuls les ministres concernés par la séquence ont accompagné le chef de l'État et Sébastien Lecornu, à savoir Mathieu Lefèvre, Laurent Nunez (Intérieur), Roland Lescure (Économie), Annie Genevard (Agriculture), Françoise Gatel (Aménagement du territoire), Sébastien Martin (Industrie). Le reste du gouvernement a participé au Conseil des ministres en visioconférence depuis l'Élysée.

Avec AFP