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"Nous pratiquons le même sport" : les footballeuses réclament une convention collective
Ce n'est "plus acceptable" : les capitaines des équipes du championnat de France féminin ont dénoncé mardi dans une tribune l'absence d'avancée dans les négociations sur la convention collective des footballeuses professionnelles. Les syndicats se renvoient la responsabilité de cet échec.
La milieu de terrain américaine de Lyon, Lily Yohannes (C), numéro 20, célèbre avec ses coéquipières après avoir marqué le premier but de son équipe, lors du match retour des quarts de finale de la Ligue des champions féminine de l'UEFA entre l'OL Lyonnais (Lyon) et le VfL Wolfsburg au stade Groupama de Décines-Charpieu, dans le centre-est de la France, le 2 avril 2026. © Jeff Pachoud, AFP

Les capitaines des équipes du championnat de France féminin, ont dénoncé, mardi 21 avril, dans une tribune, l'absence d'avancée dans les négociations sur la convention collective des footballeuses professionnelles, espérée depuis déjà trois saisons.

Les différentes parties, soit le syndicat des joueuses, l'UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels) et Foot Unis, qui représente les clubs, se renvoient la responsabilité de cet échec, malgré la création de la Ligue féminine de football professionnel (LFFP) en juillet 2024.

Depuis cette date, le statut de la joueuse professionnelle en France n'a pas avancé, alors même que les clubs avaient adopté une recommandation patronale octroyant une protection en matière de maternité, faisant espérer une signature peu de temps après. 

"Des efforts ont été réalisés depuis la création de la LFFP, nous le reconnaissons. Mais il manque l'essentiel: une convention collective", critiquent les capitaines des première et deuxième divisions dans cette tribune. "En 2026, les joueuses professionnelles n'en disposent toujours pas. Nous pratiquons le même sport. Nous nous entraînons avec la même exigence. Nous faisons face aux mêmes contraintes physiques et aux mêmes risques. Et pourtant, nous ne bénéficions pas des mêmes protections", ajoutent-elles, et "ce décalage interroge. Il n'est plus acceptable".

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Un meilleur traitement

Eugénie Le Sommer, membre du comité directeur de l'UNFP souligne que les joueuses "méritent un meilleur traitement avec un socle de protection commun". "On ne peut plus accepter que l'engagement des joueuses ne soit pas reconnu à sa juste valeur", a appuyé Sakina Karchaoui, capitaine du PSG.

Pour l'UNFP, cela fait "trois ans que les négociations pour une convention collective n'aboutissent pas. Ce n'est plus compréhensible" et "une convention collective doit être signée avant la prochaine saison". Mais à cette date, tout laisse présager que la mise en place d'une telle mesure pour septembre prochain semble improbable.

Début avril, la capitaine de l'équipe de France Griedge Mbock avait regretté auprès de l'AFP cette situation, sachant "que les autres championnats avancent, c'est handicapant pour le foot féminin français". 

Depuis de longs mois, plusieurs points de blocage existaient mais un seul persiste aujourd'hui : le droit à l'image, a indiqué à l'AFP Vincent Ponsot, président du collège du football féminin chez Foot Unis. Sur ce sujet, l'UNFP souhaite pouvoir commercialiser l'image des joueuses en utilisant le logo des clubs, ce que refuse Foot Unis.

Pour le reste - c'est à dire le pécule de fin de carrière, la durée horaire minimum des contrats fédéraux à mi-temps, le maintien du salaire en cas de blessure ou encore la gestion des "lofts", pratique utilisée par les clubs pour se défaire des indésirables -, les discussions ont été fructueuses, affirme Foot Unis.

"Je ne suis pas surpris que les joueuses s'impatientent car cette situation est inadmissible", affirme à l'AFP Vincent Ponsot, qui dirige également l'OL Lyonnes, estimant que l'UNFP est "le principal responsable" du dernier point d'achoppement. Selon lui, une dernière version amendée a été envoyée il y a plusieurs semaines à l'UNFP, qui n'a pas répondu.

"Elle verra le jour"

Interrogé par l'AFP, le syndicat des joueuses déplore cette situation, soulignant que trois organisations représentatives sur quatre (sans Foot Unis) ont trouvé un accord sur une convention collective pour la Ligue 3 masculine en quelques mois. "Nous souhaitons qu'un effet miroir de cette convention s'exerce pour les joueuses", a déclaré à l'AFP Fabien Safanjon, vice-président de l'UNFP.

De son côté, Paul-Hervé Douillard, directeur-général de la LFFP, espère une convention "au plus vite" car ce sera un "marqueur important pour la structuration de la ligue", tout se disant "incapable de dire une date" mais, c'est certain, "elle verra le jour". La LFFP, qui n'est pas décisionnaire, souhaite réunir de nouveau toutes les parties prenantes.

Cette tribune intervient dans un contexte compliqué pour les équipes féminines en France, plombées par la crise économique que traversent les clubs masculins à cause de l'effondrement des droits TV. L'exemple le plus emblématique est le cas de la section féminine de Dijon, cinquième de Première Ligue, qui pourrait abandonner le professionnalisme et repartir à un échelon inférieur si le club ne trouve pas de repreneur.

Avec AFP