
Rachida Dati photographiée à Paris, le 20 mars 2026. © Gonzalo Fuentes, Reuters
Des enquêteurs ont perquisitionné, jeudi avril, les locaux d'Engie, ex-GDF Suez, a confirmé vendredi 17 avril le Parquet national financier (PNF), dans le cadre d'une information judiciaire ouverte sur des soupçons de rémunération de Rachida Dati de la part du groupe d'énergie alors qu'elle était eurodéputée.
Suite à un signalement Tracfin, le PNF a ouvert l'année dernière une enquête afin de creuser d'éventuelles relations d'intérêts avec l'Azerbaïdjan et le Qatar quand la maire du 7e arrondissement de Paris était élue au Parlement européen, où elle a siégé de 2009 à 2019.
Cette enquête préliminaire a débouché le 14 octobre sur l'ouverture d'une information judiciaire portant sur des soupçons de corruption, trafic d'influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment de ces délits en lien avec l'exercice du mandat de parlementaire européen de Rachida Dati.
Sollicité par l'AFP, Engie n'a pas souhaité commenter et l'avocat de l'ancienne ministre de la Culture n'a pas donné suite dans l'immédiat.
299 000 euros d'"honoraires"
Deux juges d'instruction ont été saisis et les enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) exploitent actuellement les données récupérées lors des perquisitions des domiciles de Rachida Dati et de sa mairie du 7e arrondissement à la mi-décembre 2025.
Une enquête conjointe du magazine de France 2 Complément d'enquête et du Nouvel Obs avait mis au jour des documents d'un cabinet d'avocats suggérant que Rachida Dati aurait perçu 299 000 euros d'"honoraires" non déclarés de GDF Suez en 2010-2011 quand elle était eurodéputée et avocate, ce qu'elle réfute.
Rachida Dati, candidate malheureuse à la mairie de Paris en mars, sera par ailleurs jugée en septembre dans une autre affaire, pour corruption et trafic d'influence passifs pour des faits survenus entre octobre 2009 et février 2013, ce qu'elle dément farouchement.
Elle est accusée d'avoir noué un pacte de corruption et d'avoir fait illégalement du lobbying au Parlement européen pour le compte du constructeur Renault et son patron d'alors Carlos Ghosn, aujourd'hui en fuite au Liban et lui aussi renvoyé devant le tribunal.
Selon la loi en vigueur à l'époque, Rachida Dati encourt dans cette affaire, au titre de peine principale, dix ans d'emprisonnement pour la corruption passive, et 450 000 euros d'amende (la moitié de la somme litigieuse) pour recel. Elle est aussi passible au titre de peine complémentaire d'une inéligibilité de cinq ans.
D'autre part, la brigade financière et anticorruption (BFAC) de la police judiciaire parisienne enquête sur des soupçons de non-déclaration de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Ces investigations, sous la forme d'une enquête préliminaire, font suite à des signalements reçus, notamment en juin 2025, par le parquet de Paris.
Avec AFP
