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L'octogénaire française placée détenue par l'ICE aux États-Unis est "rentrée en France"
La Française de 85 ans, arrêtée par l'ICE aux États-Unis début avril, a pu rentrer en France vendredi. Arrivée en juin 2025 avec un visa de tourisme pour rejoindre l'homme qu'elle aimait, les autorités américaines lui reprochaient d'être restée sur le territoire après l'expiration de son visa. Le Quai d'Orsay avait fait pression pour obtenir la libération.
Des agents de l'ICE au comptoir d'enregistrement des bagages de l'aéroport international O'Hare de Chicago, le 24 mars 2026 © AP, Nam Y. Huh

Fin du calvaire pour l'octogénaire française placée dans un centre de rétention en Louisiane. Cette Française, qui avait été arrêtée le 1er avril par la police de l'immigration aux États-Unis, est rentrée en France vendredi 17 avril, a annoncé Jean-Noël Barrot.

L'octogénaire, qui était mariée à un Américain décédé en janvier, "est rentrée en France ce (vendredi) matin et c'est une source de satisfaction pour nous", a déclaré le chef de la diplomatie française à la presse lors d'un déplacement à Montpellier, confirmant une information du journal Ouest-France.

Son fils Hervé, qui ne souhaite pas que son nom de famille soit divulgué, n'a pas pu être joint dans l'immédiat. Cité dans Ouest-France, il a évoqué un "soulagement total".

"Menottée pieds et mains"

Le ministère américain de la Sécurité intérieure a confirmé mardi à l'AFP l'interpellation le 1er avril de la femme de 85 ans, entrée aux États-Unis en juin 2025 avec un visa de tourisme lui permettant de rester "90 jours" sur le sol américain. Or elle se trouvait toujours aux États-Unis "sept mois plus tard", ont fait valoir les autorités américaines.

Selon des témoignages de voisins rapportés par son fils Hervé, interrogé lundi par l'AFP, la femme de 85 ans, qui résidait en Alabama, a été arrêtée, "menottée pieds et mains".

Interrogé sur les méthodes de la police de l'immigration américaine (ICE), et ne parlant pas spécifiquement du cas de la Française de 85 ans, Jean-Nöel Barrot a estimé que ce ne sont "pas des méthodes qui sont nécessairement conformes - je ne parle pas du cas spécifique mais plus généralement - avec celles qui sont en vigueur et acceptables pour nous".

"Il y a eu des violences qui ont suscité notre préoccupation. Mais l'essentiel, c'est qu'elle soit de retour en France et ça nous satisfait pleinement", a dit le ministre.

Bras armé de l'offensive antimigrants du président américain Donald Trump, l'ICE est l'objet de fortes critiques notamment après que deux Américains ont été tués en janvier par des agents fédéraux à Minneapolis (nord) en marge de manifestations contre sa présence dans la ville.

Veuve d'un vétéran de l'armée américaine

Dès la médiatisation de l'interpellation de la Française, une source diplomatique avait assuré à l'AFP que le consulat général de France à Atlanta suivait "avec attention la situation" et lui apportait "la protection consulaire".

La Française avait décidé de s'installer aux États-Unis et de se marier courant 2025 avec un Américain, ancien colonel de l'armée de l'air. Ils s'étaient rencontrés une soixantaine d'années plus tôt quand elle occupait un poste de secrétaire bilingue sur une base de l'OTAN et ils avaient repris contact après leur veuvage. Ce vétéran du Vietnam est décédé brutalement en janvier à 85 ans.

L'octogénaire, qui espérait "l'officialisation" de sa carte verte et détenait une carte de sécurité sociale, "attendait la décision du tribunal sur ses successions le 9 avril" avant de rejoindre la France "à partir de ce jugement", selon son fils, qui fondait alors un "bon espoir" d'une libération prochaine de sa mère.

avec AFP