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Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban entre en vigueur après un mois et demi de conflit
Israël et le Liban sont convenus d'un cessez-le-feu de 10 jours, annoncé par Donald Trump, qui a débuté jeudi à minuit. Le président américain a dit vouloir organiser une rencontre entre les dirigeants des deux pays. Benjamin Netanyahu, qui a confirmé avoir accepté la trêve, a souligné qu'Israël ne retirerait pas ses troupes du Liban et contrôlerait une "zone de sécurité élargie".
Des soldats libanais sur le site d'une frappe israélienne contre un véhicule au sud de Beyrouth, jeudi 16 avril 2026. © Fadel Itani, AFP

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi 17 avril au matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump, qui a dit vouloir organiser une rencontre entre les dirigeants des deux pays. La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21 h GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah.

"Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix", a dit à l'Agence France-Presse (AFP) à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l'accord de trêve.

À l'heure précise du cessez-le-feu, des journalistes de l'AFP ont entendu des tirs nourris d'armes automatiques et de lance-roquettes propulsées (RPG) qui se sont poursuivis pendant plus d'une demi-heure, tandis que des traînées rouges des balles fusaient dans le ciel. Les tirs de célébration sont courants au Liban lors des grands événements.

À suivre : Moyen-Orient en direct : le cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Liban entre en vigueur

Des images de l'AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

Le Hezbollah inclus

Donald Trump a annoncé jeudi qu'Israël et le Liban s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre d'Israël Benjamin Netanyahu.

"Ces deux dirigeants se sont accordés sur le fait que, pour parvenir à la PAIX entre leurs deux pays, ils commenceront formellement un cessez-le-feu de dix jours", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.

Il a ensuite dit devant la presse que le cessez-le-feu conclu entre le Liban et Israël comprendrait le Hezbollah, le président américain se disant "confiant" dans le fait que le mouvement islamiste respecterait ce cessez-le-feu.

Ibrahim Moussaoui, un député du Hezbollah, a déclaré à l'AFP que le mouvement observerait la trêve "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous et qu'Israël ne l'exploite pas pour mener des assassinats".

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars lorsque le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran face à la vaste offensive israélo-américaine.

Malgré la trêve de deux semaines conclue le 8 avril avec la République islamique, Israël a poursuivi ses frappes tous azimuts contre le Liban, ciblant le Hezbollah, financé et armé par Téhéran.

Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban entre en vigueur après un mois et demi de conflit
Des frappes aériennes israéliennes sur la ville de Tyr, le 16 avril 2026 dans le sud du Liban © Kawnat HAJU / AFP

Plus de 2 000 personnes ont été tuées au Liban dans les frappes israéliennes, selon les autorités, et environ un million ont été déplacées – soit un cinquième de la population du pays, selon l'ONU.

Après le cessez-le-feu qui avait mis fin à la guerre précédente entre les deux parties, en novembre 2024, Israël avait continué à cibler des membres et des infrastructures du mouvement chiite.

Une occasion de "paix historique", salue Netanyahu

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a salué l'accord de cessez-le-feu, tout comme Benjamin Netanyahu qui y l'a qualifié d'occasion de "paix historique" avec Beyrouth, tout en rappelant son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable.

Sur le terrain, les combats se sont poursuivis jusqu'à l'entrée en vigueur de la trêve. Peu après l'annonce du président américain, le ministère libanais de la Santé a ainsi fait état de sept morts et 33 blessés dans une frappe israélienne sur le sud du pays. À 21 h GMT jeudi, l'armée israélienne a dit avoir visé 380 cibles du Hezbollah au Liban au cours des 24 heures précédentes.

Le Hezbollah a, de son côté, revendiqué plusieurs attaques sur des positions militaires dans le nord d'Israël, où le porte-parole d'un centre médical a fait était de trois blessés, dont deux graves.

Assis jeudi dans un café de la capitale libanaise, l'avocat Tarek Bou Khalil a estimé qu'"il est bien connu que l'on ne peut pas prendre Trump au mot, et que Netanyahu n'est pas digne de confiance". "Mais nous savons que les pressions liées à la guerre avec l'Iran, ainsi que les erreurs de Netanyahu et de l'armée israélienne dans le sud du Liban, les ont contraints à accepter un cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé "tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu".

En parallèle, les tractations se poursuivent, sous l'égide du Pakistan, pour organiser une deuxième session de négociations entre les États-Unis et l'Iran et mettre durablement fin à la guerre, après l'échec de premiers pourparlers à Islamabad le week-end dernier.

Avec AFP