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Une célébration avec IA et bouquets de fleurs pour les joueuses iraniennes à Téhéran
Dix jours après leur élimination en Coupe d'Asie, les joueuses de l'équipe de football d'Iran ont été reçues jeudi en grande pompe par les autorités iraniennes à Téhéran. Elles avaient pourtant été accusées d'être des traîtresses lors de la compétition pour avoir refusé de chanter l'hymne national avant une rencontre.
Des joueuses de l'équipe nationale féminine de football iranienne rentrent au pays après le retrait des demandes d'asile déposées en Australie par cinq d'entre elles, dans le contexte du conflit israélo-américain, à Téhéran, en Iran, le 19 mars 2026. REUTERS - Alaa Al-Marjani

L'équipe féminine de football d'Iran a été célébrée, jeudi 19 mars, à Téhéran par les autorités du pays après son retour de la Coupe d'Asie organisée en Australie. Lors du tournoi, ces joueuses avaient pourtant subi les foudres du régime iranien en refusant de chanter l'hymne national avant un match, en pleine guerre opposant l'Iran aux États-Unis et Israël.

Plusieurs milliers d'Iraniens, nombreux à brandir des drapeaux, se sont rassemblés jeudi soir sur la place Valiasr à Téhéran pour accueillir les sportives, selon des images diffusées par la télévision d'État. Arrivées en bus, les sportives, vêtues de survêtements sombres et portant le voile obligatoire, se sont vu remettre des fleurs avant de monter sur une scène. 

"Mon choix. Ma patrie", pouvait-on lire sur un panneau d'affichage géant sur la place, montrant les joueuses portant le hijab islamique et saluant le drapeau iranien. "Ce qui est certain, c'est que ces athlètes sont fidèles à la patrie, au drapeau, au Guide et à la révolution", a lancé le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, entouré par l'équipe.

"Tous les Iraniens vous attendaient, bienvenue en Iran", a ajouté la porte-parole du gouvernement iranien Fatemeh Mohajerani, l'une des femmes les plus en vue de la scène politique iranienne.

Des images générées par l'IA, représentant les footballeuses en train de prêter allégeance au drapeau iranien avec en arrière-plan des monuments emblématiques du pays, ont été projetées sur écran. Sportives et personnalités officielles ont chanté l'hymne national de la République islamique.

Des pressions sur les familles ?

Sept membres de la délégation féminine iranienne - six joueuses et un membre de l'encadrement - avaient pourtant demandé l'asile à l'Australie, après avoir été qualifiées de "traîtresses" dans leur pays. 

Cinq sont revenues sur leur demande d'asile et seules deux joueuses sont finalement restées sur le sol australien.

Des militants des droits humains ont accusé les autorités iraniennes d'avoir fait pression sur leurs familles, notamment en convoquant leurs parents à des interrogatoires.

"Le régime iranien a commencé à menacer leurs familles, prises en quelque sorte en otage. C'est pour cette raison qu'elles ont été contraintes de retirer leur demande d'asile et de rentrer en Iran", a écrit sur les réseaux sociaux Shiva Amini, une ancienne internationale iranienne qui vit aujourd'hui en exil et milite pour les droits des femmes.

Téhéran accuse pour sa part l'Australie d'avoir tenté de pousser les joueuses à faire défection. Selon Farideh Shojaei, une responsable de la fédération iranienne de football, l'équipe a été "affectée par des tensions et des pressions extérieures" lors de son séjour en Australie.

Elle a affirmé à l'agence de presse Mehr que les joueuses avaient reçu "des promesses alléchantes de résidence, de salaires et d'avantages financiers importants". "Fières et soucieuses de préserver leur amour pour la patrie, elles ont cependant refusé de rester en Australie", a-t-elle ajouté.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait également déclaré mercredi que les joueuses avaient "déçu les ennemis" de la République islamique en résistant "à la tromperie et aux intimidations des éléments anti-Iran".

Après avoir quitté l'Australie, l'équipe était restée à Kuala Lumpur, en Malaisie, avant de s'envoler lundi vers Oman, puis de prendre un avion mardi pour Istanbul. Elle était arrivée mercredi en Iran après avoir traversé la frontière avec la Turquie. Elle a ensuite rejoint par la route Téhéran, à près de 900 km.

Seules deux joueuses sont finalement restées sur le sol australien. Elles se sont entraînées cette semaine avec le club Brisbane Roar qui se trouve dans l'État du Queensland. "Bienvenue à Fatemeh Pasandideh et Atefeh Ramezanisadeh", a déclaré lundi Kaz Patafta, directeur général de ce club de première division, qui a publié des photos des deux joueuses s'entraînant tout sourires aux côtés de l'équipe première.

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Avec AFP et Reuters