
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à gauche, s'entretient avec le Premier ministre britannique Keir Starmer lors d'une réunion au 10 Downing Street, le 17 mars 2026 à Londres. © Suzanne Plunkett, AFP
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a exhorté les alliés de Kiev à "ne pas perdre de vue" le conflit en Ukraine malgré la guerre au Moyen-Orient, en recevant mardi 17 mars à Downing Street le président Volodymyr Zelensky.
Après Paris la semaine dernière, et Madrid mercredi, le dirigeant ukrainien poursuit sa tournée européenne, au moment où la guerre de son pays contre l'invasion russe est éclipsée par les hostilités au Moyen-Orient.
"Il faut maintenir l'attention sur l'Ukraine. Il y a évidemment un conflit en Iran et d'autres événements au Moyen-Orient, mais nous ne pouvons pas perdre de vue ce qui se passe en Ukraine", a déclaré le Premier ministre britannique en accueillant Volodymyr Zelensky.
De son côté, le président ukrainien a dit vouloir évoquer avec Keir Starmer les "efforts diplomatiques" et "l'état d'avancement" des négociations avec les États-Unis et la Russie pour mettre fin au conflit, ajoutant que la guerre au Moyen-Orient a "une influence considérable" sur l'Ukraine et l'Europe.
"Nous ne pouvons pas laisser la guerre dans le Golfe se transformer en une aubaine pour Poutine", avait déjà affirmé Keir Starmer lundi, en référence à l'assouplissement des sanctions américaines sur le pétrole russe en raison de la flambée des prix du brut liée à la guerre au Moyen-Orient.
201 experts militaires ukrainiens au Moyen-Orient
Le président ukrainien s'est ensuite adressé à des membres du Parlement britannique dans l'enceinte du palais de Westminster, cette fois pas dans le cadre grandiose de Westminster Hall comme il avait été invité à le faire en février 2023.
Dans son discours, il a fait l'éloge de l'expertise ukrainienne en matière d'interception de drones, et a indiqué que 201 experts militaires ukrainiens se trouvent au Moyen-Orient et dans le Golfe pour contribuer à la défense contre les drones Shahed iraniens. Ces drones sont également utilisés par la Russie, alliée de l'Iran, pour frapper quotidiennement l'Ukraine.
"Nos équipes sont déjà présentes aux Émirats arabes unis, au Qatar et en Arabie saoudite, et sont en route pour le Koweït (...) Nous ne voulons pas que cette campagne de terreur du régime iranien contre ses voisins aboutisse", a-t-il détaillé, ajoutant que 34 autres experts étaient "prêts à être déployés" dans la région. Ces spécialistes ont été envoyés "à la demande de nos partenaires, y compris des États-Unis", a précisé le dirigeant ukrainien, se disant prêt à nouer des accords en matière de drones avec les pays intéressés.
"Ce qui se passe aujourd'hui autour de l'Iran n'est pas pour nous une guerre lointaine, compte tenu de la coopération entre la Russie et l'Iran", dont les "régimes (...) sont frères dans la haine" et "frères en matière d'armement", a insisté Volodymyr Zelensky.
Volodymyr Zelensky à Madrid mercredi
À l'occasion de sa visite à Londres, le Royaume-Uni et l'Ukraine ont signé un nouveau partenariat de défense visant notamment à mieux prendre en compte la menace des drones low cost, a annoncé Downing Street.
Plus tôt, Volodymyr Zelensky s'est entretenu avec le roi Charles III au palais de Buckingham. Il a remercié le monarque "et toute la famille royale pour leur soutien indéfectible et leur solidarité envers l'Ukraine". Le président ukrainien devait aussi s'entretenir avec le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, présent dans la capitale britannique.

Mercredi, Volodymyr Zelensky se rendra à Madrid, où il sera reçu par le Premier ministre Pedro Sanchez, à la veille d'un conseil européen à Bruxelles. Lors de son précédent déplacement, en novembre, Pedro Sanchez avait annoncé un paquet d'aide militaire à l'Ukraine d'une valeur de 615 millions d'euros pour aider l'armée de Kiev face à l'invasion russe, qui occupe toujours près de 20 % de son territoire.
Ces derniers mois, l'armée russe a intensifié ses attaques sur l'Ukraine et en particulier Kiev, visant souvent des infrastructures énergétiques. La riposte de l'armée ukrainienne, de moindre envergure, vise selon Kiev des objectifs militaires ou liés à l'armée russe.
Avec AFP
