
Des sauveteurs travaillent un pied d'un immeuble touché par un missile à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, le 7 mars 2026. © Sergey Bobok, AFP
Le bilan s’est alourdi au fil de la journée. Une frappe russe nocturne sur un immeuble résidentiel de Kharkiv, deuxième plus grande ville d'Ukraine, a fait au moins dix morts samedi 7 mars, dont des enfants, portant à douze le nombre de décès dans les bombardements massifs nocturnes russes qui ont frappé l'ensemble du pays et fait de nombreux blessés.
Les journalistes de l'AFP ont vu des secouristes fouiller les décombres à la recherche de victimes et de survivants dans ce qui fut un immeuble de cinq étages typique de la période soviétique à Kharkiv, ville universitaire et industrielle proche de la frontière avec la Russie.
Le corps d'une dixième victime et les fragments d'un autre corps, ont été retrouvés par les services de secours dans l'après-midi, selon le maire Igor Terekhov.
Les transports civils "visés délibérément"
Une enseignante de primaire, son jeune fils, ainsi qu'une autre femme et son fils adolescent sont morts, tandis que deux garçons de 6 et 11 ans et une jeune fille de 17 ans ont été blessés, selon les autorités locales. Selon le président Volodymyr Zelensky, l'immeuble a été frappé par un missile balistique.

Deux personnes ont également été blessées à Chuguiv, à quelques kilomètres au sud-est de Kharkiv, dans une attaque de drones russes qui a frappé une maison du centre-ville, selon la maire Galyna Minaeva.
Ce bilan s'ajoute à un mort et une blessée dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est), visée à une vingtaine de reprises par des drones et des tirs d'artillerie et de roquettes selon le chef de l'administration régionale Oleksandr Ganzha, et un mort et quatre blessés dans la région de Soumy (nord).
Trois autres personnes ont été blessées dans la capitale Kiev, et un bébé a été blessé dans la région de Zaporijjia (sud), ont indiqué les autorités locales.

De l'aide... contre des missiles Patriot
Le président Volodymyr Zelensky s'est entretenu avec son homologue français Emmanuel Macron, dans un appel lors duquel il a exhorté l'Union européenne à "mettre en œuvre" son prêt de 90 milliards d'euros à Kiev et le nouveau paquet de sanctions contre la Russie, tous deux actuellement bloqués par la Hongrie.
Volodymyr Zelensky s'est inquiété précédemment que la guerre au Moyen-Orient déclenchée il y a une semaine par les frappes israélo-américaines contre l'Iran pourrait avoir un impact sur les livraisons américaines de munitions pour les systèmes de défense antiaérienne fournis à l'Ukraine par ses alliés occidentaux.

Moscou a visé le territoire ukrainien avec "29 missiles, presque tous balistiques, et 480 drones", a-t-il indiqué samedi.
Kiev va envoyer "prochainement" des militaires au Moyen-Orient pour aider les États-Unis et leurs alliés à contrer les frappes de drones iraniens, a indiqué vendredi à l'AFP un responsable ukrainien, espérant en échange obtenir des missiles pour ses systèmes américains Patriot.
"L'Ukraine a le plus d'expérience en matière de défense contre les (drones de fabrication iranienne) 'Shaheds'", utilisés quotidiennement par la Russie, a déclaré le président ukrainien dans un communiqué publié après l'appel avec Emmanuel Macron.
La guerre au Moyen-Orient a fait dérailler les projets d'un nouveau cycle de négociations trilatérales Ukraine-Russie-États-Unis qui avaient un temps été annoncés à Abu Dhabi. Aucune nouvelle date n'a pour l'instant été fixée, Volodymyr Zelensky évoquant la Suisse et la Turquie comme alternatives possibles pour accueillir ces rencontres.
Moscou et Kiev ont cependant échangé 500 prisonniers de guerre chacun jeudi et vendredi, dans le cadre du dernier accord conclu à Genève fin février.
Avec AFP
