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Narcotrafic : Trump lance une coalition pour "éradiquer" les cartels en Amérique latine
Le président américain Donald Trump a annoncé samedi la création d'une "coalition militaire" avec des alliés d'Amérique latine pour "éradiquer" les cartels, évoquant l'usage possible de missiles. Depuis la Floride, il a aussi affirmé que Cuba "vivait ses dernières heures". Douze dirigeants, dont Javier Milei, Daniel Noboa et Nayib Bukele, étaient présents.
Le président des États-Unis, Donald Trump, pose aux côtés de dirigeants d'Amérique latine, le 7 mars 2026, à Doral, en Floride © Saul Loeb, AFP

En pleine guerre contre l'Iran, Donald Trump a officiellement lancé, samedi 7 mars, avec plusieurs alliés d'Amérique latine, une "coalition militaire" pour "éradiquer" les cartels, si besoin à coups de missiles, et refait des déclarations offensives sur Cuba.

Il a assuré en Floride que l'île communiste, en proie à une grave crise économique et sociale, "vivait ses dernières heures" et déclaré qu'il allait "s'en occuper".

Le président américain a aussi annoncé dans un discours "une toute nouvelle coalition pour éradiquer les cartels criminels qui infestent notre région".

Douze dirigeants, pour certains adeptes enthousiastes de la rhétorique nationaliste du président américain, l'ont rejoint au Trump National Doral Golf à Miami pour ce sommet appelé "Bouclier des Amériques", dont le président argentin, Javier Milei, et le chef d'État du Salvador, Nayib Bukele.

Narcotrafic : Trump lance une coalition pour "éradiquer" les cartels en Amérique latine
Donald Trump et le président d'Équateur Daniel Noboa à Doral, en Floride, le 7 mars 2026. © Saul Loeb, AFP

Un "grand changement" à Cuba

Donald Trump a quitté la Floride après son allocution pour rejoindre la base aérienne de Dover (Delaware), où il doit accueillir les dépouilles des six premiers soldats américains tués dans la guerre contre l'Iran. Le conflit au Moyen-Orient et la stratégie du président américain en Amérique latine, a priori distincts, se font pourtant écho. Le milliardaire de 79 ans veut appliquer en Iran la même méthode qu'au Venezuela.

Après avoir capturé le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro au cours d'une opération spectaculaire, l'administration Trump, sans promouvoir une alternance politique, a décidé de traiter avec l'ancienne vice-présidente, Delcy Rodriguez, en particulier en matière pétrolière.

Donald Trump a également répété qu'après l'offensive en Iran, il compte tourner son regard vers Cuba. "Au moment où nous accomplissons une transformation historique au Venezuela, nous sommes aussi impatients de voir le grand changement qui va bientôt se produire à Cuba", a-t-il déclaré. "Ils veulent négocier, ils sont en train de négocier avec Marco (Rubio, le chef de la diplomatie américaine, NDLR) et moi-même", a encore dit le dirigeant républicain.

La rencontre de samedi portait en particulier sur la lutte contre le trafic de drogue, un "cancer", que Donald Trump ne souhaite pas voir "s'étendre". "Nous travaillons avec vous pour faire tout ce qui est nécessaire. Nous utiliserons des missiles. Vous voulez qu'on utilise un missile ?", a demandé le président américain en évoquant la criminalité organisée dans la région. "Ils sont extrêmement précis. Hop, pile dans le salon, et c'est fini pour ce membre de cartel", a-t-il lancé.

Narcotrafic : Trump lance une coalition pour "éradiquer" les cartels en Amérique latine
Donald Trump à Doral, en Floride, le 7 mars 2026. © Saul Loeb, AFP

Washington mène déjà depuis septembre une intense campagne de frappes aériennes contre des bateaux qu'il présente comme impliqués dans le narcotrafic dans les Caraïbes et le Pacifique. Au moins 150 personnes ont été tuées dans ces opérations.

Mise en application de la "doctrine Donroe"

Irene Mia, experte du International Institute for Strategic Studies (IISS), explique toutefois à l'Agence France-Presse (AFP) que "sans le Mexique et le Brésil, il sera difficile de s'attaquer aux problèmes" de criminalité organisée. Ni la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, ni le président brésilien, Lula, tous deux de gauche, n'ont assisté au sommet. Autre absent notable : le président colombien Gustavo Petro, lui aussi progressiste.

Donald Trump a décrit samedi le Mexique comme "l'épicentre de la violence des cartels".

Son sommet a aussi vocation à affirmer les ambitions américaines face à Pékin sur le continent, à quelques semaines d'une visite de Donald Trump en Chine.

Il est une mise en application de la "doctrine Donroe", une contraction du prénom du président américain et du nom de James Monroe, qui avait, il y a plus d'un siècle, désigné l'Amérique latine comme la chasse gardée des États-Unis.

L'Argentine, le Salvador, l'Équateur, la Bolivie, le Costa Rica, la République dominicaine, le Guyana, le Honduras, Panama, le Paraguay, le Chili, et Trinité-et-Tobago étaient représentés samedi.

Donald Trump, qui brouille la frontière entre les affaires de l'État et la promotion de ses intérêts privés, organisera aussi le sommet du G20 dans son golf de Doral cette année.

La décision a été abondamment critiquée par l'opposition, même si la Maison Blanche assure que le président américain n'en tirera aucun profit.

Avec AFP