
Cette photographie prise le 19 décembre 2022 par le télescope spatial Hubble montre une image de l'astéroïde Dimorphos, près de quatre mois après que celui-ci ait été percuté par la mission Dart de la Nasa. © Institut scientifique du télescope spatial, ESA, NASA, David Jewitt (UCLA) via AFP
Il y a quatre ans, la Nasa faisait s'écraser un vaisseau sur un petit astéroïde pour tenter de dévier sa trajectoire, une manœuvre digne d'un roman de science-fiction qui visait à apprendre comment protéger l'humanité d'une éventuelle menace future.
Nommée Dart, cette mission test inédite visait un petit astéroïde sans danger nommé Dimorphos, satellite d'un astéroïde plus grand, Didymos.
L'impact du vaisseau a conduit Dimorphos à adopter une trajectoire plus courte et plus rapide autour de Didymos, autour duquel il orbite. Mais il a aussi propulsé ce duo sur une orbite légèrement différente autour du Soleil, selon une étude publiée cette semaine dans la revue Science Advances.
Ces analyses complémentaires offrent ainsi des données solides pour établir un plan de "défense planétaire" si un astéroïde menace à l'avenir de frapper la Terre, pointent les chercheurs internationaux à l'origine de cette étude. "Cette étude marque un progrès notable dans notre capacité à prévenir de futurs impacts d'astéroïdes sur la Terre", y écrivent-ils.
Pour "la première fois"
Leurs observations détaillées documentent les effets de la mission Dart de 2022 et montrent que pour "la première fois" un "objet fabriqué par l'être humain a modifié de manière mesurable la trajectoire d'un corps céleste autour du Soleil", a relevé la Nasa dans un communiqué.

Pour ce faire, les chercheurs ont étudié des occultations stellaires, c'est-à-dire les moments où un astéroïde passe devant une étoile et provoque par là un bref affaiblissement de sa luminosité, explique l'auteur principal de l'étude, Rahil Makadia, à l'Agence-France presse (AFP). Ces occultations leur ont permis d'obtenir des mesures ultra précises sur la position, la vitesse et la forme de l'astéroïde.
Toutefois, elles sont difficiles à suivre. L'équipe s'est donc appuyée sur des astronomes amateurs du monde entier, qui ont enregistré 22 de ces occultations stellaires. En utilisant ces données ainsi que des années d'observations supplémentaires, ils ont pu mesurer l'orbite de Didymos autour du Soleil avec une grande précision, explique Rahil Makadia.
Une "déviation significative"
"Nous avons pu mesurer exactement l'ordre de ce changement" et effectuer des calculs qui pourraient aider de futurs "efforts de défense planétaire", poursuit-il.
La modification de l'orbite ainsi calculée était minuscule, la période de révolution n'ayant changé que de seulement 0,15 seconde. Bien que minime, ce changement suffit pour faire la différence, assurent les scientifiques.
"Avec suffisamment de temps, même un changement minime peut se traduire par une déviation significative", relève ainsi Thomas Statler, un responsable scientifique de la Nasa dans un communiqué.
"Les mesures incroyablement précises réalisées par l'équipe confirment une nouvelle fois l'efficacité" de cette technique de défense planétaire, et montrent comment un astéroïde binaire, c'est-à-dire un système composé de deux astéroïdes comme dans le Dimorphos et Didymos "pourrait être dévié en ne frappant qu'un seul des deux astéroïdes qui le composent".
Fatigué de l’actualité anxiogène ? L’instant positif met en lumière des initiatives, découvertes et regards qui montrent ce qui avance dans le monde. Innovation scientifique, solutions concrètes, portraits inspirants ou images marquantes : une information positive, fondée sur des faits rigoureusement vérifiés.
Avec AFP
