
La fabrique de cigares Partagas à La Havane, le 2 mars 2023. © Yamil Lage, AFP archives
Pression croissante des États-Unis sur Cuba. Donald Trump a exhorté La Havane à conclure un accord avec Washington, lundi 16 février, tout en rejetant l'idée d'une opération visant à renverser le régime. "Cuba est actuellement une nation en faillite", a déclaré le président américain aux journalistes à bord d'Air Force One.
Toutefois, interrogé sur l'hypothèse que les États-Unis puissent renverser le gouvernement cubain, comme ils l'ont fait au Venezuela début janvier, Donald Trump a répondu : "Je ne pense pas que cela soit nécessaire."
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Accepter Gérer mes choixCuba est confronté à d'importantes pénuries de carburant et à des coupures d'électricité au moment où le président américain intensifie l'embargo américain sur le pays. Entre autres mesures, Washington resserre l'étau pour réduire les entrées de devises dans l'État insulaire.
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Pression sur les médecins cubains à l'étranger
L'envoi de missions médicales à l'étranger constitue la principale source de devises étrangères pour Cuba, soit sept milliards de dollars en 2025, d'après des chiffres officiels.
Selon La Havane, 24 000 professionnels de santé étaient déployés dans 56 pays en 2025, dont plus de la moitié (13 000) au Venezuela. Dans ce pays, la situation des médecins cubains reste pour l'heure globalement inchangée, malgré la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis. Elle pourrait cependant évoluer rapidement.
Parallèlement, la politique de pressions suivie par Washington dès 2025 commence à produire ses effets dans d'autres pays de la région.
Le Guatemala vient de mettre fin à un accord de 27 ans au cours desquels des milliers de médecins cubains ont travaillé dans des zones isolées de son territoire, tandis que l'état insulaire d'Antigua-et-Barbuda a rompu son alliance historique avec La Havane en décembre. Le Guyana entend, lui, rémunérer directement les professionnels cubains, en dehors des accords signés entre les deux États.
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Un blocus énergétique qui menace sérieusement le tourisme
Le blocus énergétique imposé par Washington à Cuba, où aucun pétrolier n'est entré depuis le 9 janvier, menace d'asséner un coup fatal au tourisme, la deuxième source de devises.
Le secteur, qui emploie environ 300 000 personnes, a déjà été affaibli ces dernières années par la pandémie et les sanctions américaines (-70 % de revenus entre 2019 et 2025, selon des estimations reposant sur les chiffres officiels).
Après l'annonce par La Havane d'une pénurie de kérosène, les compagnies aériennes canadiennes et russes desservant l'île et la compagnie latino-américaine LATAM ont annoncé suspendre leurs vols une fois qu'elles auront achevé le rapatriement de leurs passagers encore sur place.
Au moins cinq pays ont demandé à leurs ressortissants d'éviter de se rendre à Cuba.
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Le manque de pétrole touche aussi les cigares
À côté de la production de nickel, les cigares sont une autre source d'entrée de devises pour ce pays. En 2024, leurs ventes ont atteint 827 millions de dollars.
"L'agriculture n'est pas épargnée par la situation actuelle du pétrole, qui est très grave", explique à l'AFP Hector Luis Prieto, un producteur de la région de la Vuelta Abajo (ouest), la Mecque du tabac cubain. Pratiquement sans combustible, celui-ci se heurte à des difficultés en pleine récolte, tant pour la collecte des feuilles de tabac que pour l'irrigation des cultures qui sont encore dans les champs.
L'annulation du prestigieux festival du cigare prévu pour fin février à La Havane est un autre coup dur. L'événement rapporte chaque année au gouvernement plusieurs millions d'euros grâce à une prestigieuse vente aux enchères.
En 2025, le montant de cette vente a été de plus de 16 millions d'euros et de 17 et 11 millions d'euros les deux années précédentes. Les fonds recueillis sont officiellement destinés au secteur de la santé, qui a déjà dû réduire ses activités non essentielles.
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Les "mules" pourvoyeuses de dollars ciblées
Les voies officielles d'entrées d'argent envoyé à leurs familles par les Cubains résidant à l'extérieur – les "remesas" – ont quasiment disparu depuis la suspension de ces envois par l'entreprise américaine Western Union en 2020, malgré une brève reprise entre 2023 et 2025.
Depuis lors, les Cubains reçoivent des dollars grâce à des "mules" qui voyagent en avion en provenance de Miami d'où ils amènent aussi des marchandises et des médicaments.
Ces vols n'ont pas été suspendus mais le représentant républicain de Floride, Carlos Gimenez, a déclaré début février avoir demandé aux compagnies aériennes américaines desservant Cuba d'"annuler tous les vols" en direction de l'île communiste et de son "régime brutal".
Avec AFP
