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Ahmed al-Charaa reçu à Moscou pour discuter notamment des bases militaires russes en Syrie
Vladimir Poutine a reçu mercredi au Kremlin le président syrien Ahmed al-Charaa. Une nouvelle rencontre pour officiellement aborder la "coopération bilatérale, en premier lieu dans le domaine économique", et "la situation dans la région". Les deux dirigeants devaient surtout évoquer l'avenir de la présence russe en Syrie.
Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, et le président intérimaire syrien Ahmed al-Charaa, à droite, lors de leur rencontre au Kremlin, à Moscou, en Russie, le 28 janvier 2026. © Maxim Shipenkov, AP

Deuxième rencontre en quatre mois. Le président russe, Vladimir Poutine, a reçu, mercredi 28 janvier, son homologue syrien Ahmed al-Charaa pour un déjeuner de travail et une "conversation à part", selon les mots du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Moscou, qui était l'un des principaux alliés de Bachar al-Assad, cherche à préserver en Syrie ses bases militaires. Interrogé par l'AFP sur la question d'une possible extradition de l'ancien homme fort syrien, Dmitri Peskov a affirmé que Moscou "ne comment(ait) pas le sujet Assad".

Concernant la présence militaire russe en Syrie, il a décliné tout commentaire en invitant à se tourner pour ce sujet vers le ministère russe de la Défense. "Mais je ne doute pas que les questions sur la présence de nos militaires en Syrie seront également abordées lors des négociations d'aujourd'hui", a poursuivi Dmitri Peskov.

Ces négociations à Moscou doivent aborder la "coopération bilatérale, en premier lieu dans le domaine économique", ainsi qu'un "échange de points de vue sur la situation dans la région", a-t-il encore dit.

Retrait des forces russes de l'aéroport de Qamichli

La Russie a retiré cette semaine ses forces et armements de l'aéroport de Qamichli, dans la zone autonome kurde du nord-est du pays, où elle maintenait une petite installation, selon un journaliste de l'AFP sur place. Moscou y avait déployé ses forces fin 2019, en vertu d'un accord avec la Turquie.

Ce retrait russe intervient alors que les forces kurdes, qui contrôlent toujours Qamichli, ont subi ces dernières semaines un important revers face à l'armée syrienne, à laquelle ils ont dû céder de larges pans du nord et du nord-est de la Syrie.

La Russie a été une alliée clé de l'ex-président syrien et est intervenue militairement en Syrie à partir de 2015 en soutien aux forces gouvernementales face aux rebelles et jihadistes, dont faisait partie Ahmed al-Charaa.

Ahmed al-Charaa espère, lui, obtenir une extradition de Bachar al-Assad, réfugié en Russie depuis son éviction du pouvoir.

Cessez-le-feu fragile

Le renversement de Bachar al-Assad a porté un coup à l'influence russe au Moyen-Orient, même si le nouveau pouvoir syrien maintient jusqu'à présent des relations cordiales avec Moscou.

Le régime actuel de Damas mène une offensive militaire contre les territoires contrôlés jusqu'ici par la coalition des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominée par les Kurdes.

Mais cette opération a provoqué de grandes incertitudes autour des camps et prisons dans le nord-est du pays, où les FDS gardaient des milliers d'anciens jihadistes du groupe EI et leurs familles depuis 2019. Un cessez-le-feu est actuellement en vigueur et a été prolongé de 15 jours samedi, mais les deux camps s'accusent mutuellement de violations.

La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les États-Unis ont appelé mardi les forces gouvernementales syriennes et les combattants kurdes à "éviter tout vide sécuritaire" qui serait favorable aux jihadistes de l'organisation EI. Le président américain, Donald Trump, a ensuite assuré, à l'issue d'un entretien téléphonique avec son homologue syrien, que "tout se pass(ait) très bien".

Avec AFP