
Les anneaux olympiques et le logo des Jeux paralympiques à Cortina d’Ampezzo, à l’approche des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026. © Claudia Greco, Reuters
Que vont faire les agents de la police américaine de l'immigration (ICE) à Milan pour les JO d'hiver qui se tiennent à partir du 6 février ? Alors que l'agence américaine impliquée dans une répression brutale de l'immigration aux États-Unis s'est défendue de mener des opérations en matière d'immigration à l'étranger, le déploiement prochain de son service de sécurité intérieure (HSI) en Italie a suscité un tollé et le lancement de nombreuses pétitions.
Quel sera le rôle exact de l'ICE ?
"Aux Jeux olympiques, le service de sécurité intérieure (HSI) de l'ICE soutiendra le Service de sécurité diplomatique du département d'État américain, ainsi que le pays hôte, afin d'évaluer et d'atténuer les risques liés aux organisations criminelles transnationales", a déclaré l'agence dans un communiqué, mardi 27 janvier.
"Bien évidemment, l'ICE ne mène pas d'opérations en matière d'immigration à l'étranger", a précisé l'agence. Et "toutes les opérations de sécurité restent placées sous l'autorité de l'Italie".
Les spéculations en Italie sur la participation de l'ICE aux Jeux couvaient depuis plusieurs jours. Elles se sont intensifiées lundi après que le président de la région de Lombardie, Attilio Fontana, a déclaré que le vice-président américain, J. D. Vance, et le secrétaire d'État Marco Rubio seraient protégés par des "gardes du corps" de l'ICE pendant les Jeux olympiques. J. D. Vance dirigera une délégation qui assistera à la cérémonie d'ouverture. La délégation comprendra également la deuxième dame Usha Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio, a annoncé la Maison Blanche au début du mois.
Des sources à l'ambassade américaine à Rome citées par le quotidien britannique The Guardian ont confirmé le communiqué de l'ICE, indiquant que des agents fédéraux soutiendraient les mesures de sécurité diplomatique pendant les Jeux de Milan-Cortina, mais ne mèneraient aucune opération de maintien de l'ordre.
Quelles sont les réactions en Italie ?
La confirmation du rôle de l'ICE dans la sécurité des Jeux olympiques intervient après que la chaîne de télévision publique RAI a diffusé dimanche une vidéo montrant des agents de l'ICE menaçant de briser la vitre du véhicule d'une équipe de la RAI en reportage à Minneapolis.
Cette annonce a provoqué une vague d'indignation en Italie, alors que deux citoyens américains ont été tués par des agents de l'ICE à Minneapolis. Le maire de Milan, Giuseppe Sala, a déclaré à la radio RTL que les agents ne seraient pas les bienvenus dans la ville "car ils ne garantissent pas qu'ils s'alignent sur nos méthodes démocratiques de gestion de la sécurité".
"C'est une milice qui tue", a-t-il déclaré. "Il est clair qu'ils ne sont pas les bienvenus à Milan, cela ne fait aucun doute. Ne pouvons-nous pas simplement dire non à Trump pour une fois ?"
Lundi, le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Piantedosi, a souligné que "l'ICE en tant que telle n'opérera jamais en Italie, car la gestion de l'ordre public, de l'immigration et de la sécurité relève de nos forces de police".
Alessandro Zan, député européen du Parti démocrate (de centre-gauche), a déclaré que la présence d'agents de l'ICE serait inacceptable. "En Italie, nous ne voulons pas de ceux qui bafouent les droits humains et agissent en dehors de tout contrôle démocratique", a-t-il écrit sur X.
Le quotidien La Repubblica a affirmé que le gouvernement d'extrême droite italien, qui entretient des relations amicales avec l'administration de Donald Trump, avait brièvement envisagé d'empêcher la participation des agents de l'ICE à la délégation. Mais cela aurait nécessité de s'écarter de la manière dont les responsables américains sont généralement protégés lors de visites similaires de haut niveau à l'étranger.
Quelles sont les missions d'ICE lors des grands événements sportifs aux États-Unis ?
Pendant que le service de sécurité intérieure de l'ICE sera déployé en Italie, ses agents mèneront des opérations lors de la finale du Super Bowl à Santa Clara, en Californie, le dimanche 8 février.
Les autorités fédérales ont confirmé que des agents seraient présents dans le Levi's Stadium pendant le match opposant les New England Patriots et les Seattle Seahawks. Une présence voulue par Donald Trump, qui a récemment annoncé qu'il boycotterait le match. Le président américain a critiqué à plusieurs reprises le choix de la Ligue nationale de football (NFL) de confier le show de la mi-temps à l'artiste portoricain Bad Bunny, qui a précédemment annulé des dates de tournée aux États-Unis par crainte de raids de l'ICE contre son public. Un mouvement de protestation croissant exhorte la NFL à empêcher la présence de l'ICE, alors que des athlètes et des militants dénoncent de multiples incidents liés aux interventions brutales de l'ICE dans différentes villes des États-Unis.
Des agents de l'ICE avaient déjà été déployés à l'été 2025 lors de la Coupe du monde des clubs de la Fifa, afin d'assurer la sécurité du tournoi organisé aux États-Unis. L'ICE avait émis un avertissement à l'intention des spectateurs, leur recommandant d'avoir sur eux, lors des matchs, un document prouvant leur statut légal. L'arrestation et le renvoi d'un demandeur d'asile qui avait emmené ses enfants à la finale de la Coupe du monde des clubs de football le 13 juillet 2025 avait soulevé de sérieuses inquiétudes quant à la sécurité des ressortissants étrangers qui assisteront à la Coupe du monde 2026 aux États-Unis.
Si les États-Unis ont confirmé de nouvelles mesures de sécurité pour la Coupe du monde de football qu'ils coorganisent du 11 juin au 19 juillet 2026 avec le Mexique et le Canada, aucune annonce de déploiement de l'ICE pendant la compétition n'a été faite pour le moment.
