
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le 22 janvier 2026. © Markus Schreiber, AP
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a vertement critiqué, jeudi 22 décembre, ses alliés européens, disant voir une Europe "fragmentée" et "perdue" lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump et manquant de "volonté politique" face à Vladimir Poutine.
Ce discours très offensif à l'égard des principaux soutiens politiques et financiers de Kiev depuis l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine en 2022 intervenait après une rencontre avec Donald Trump à Davos qui a permis, selon Volodymyr Zelensky, de parvenir à un accord sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine.
Le dialogue avec son homologue américain n'est "pas simple", a admis le président ukrainien, tout en évoquant une rencontre "positive". Il a ainsi affirmé que les documents préparés avec Washington pour mettre fin au conflit sont "presque prêts".
Il a plus tard assuré être parvenu à un accord sur les garanties de sécurité qui doivent être offertes par les États-Unis à l'Ukraine pour dissuader la Russie d'attaquer à nouveau après une éventuelle fin du conflit.
"La guerre doit prendre fin"
"Les garanties de sécurité, c'est prêt", a-t-il déclaré, indiquant que "le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux Parlements nationaux".
"La guerre doit prendre fin", a de son côté indiqué Donald Trump, après leur rencontre, à des journalistes qui l'interrogeaient sur le message qu'il voulait faire passer au chef de l'État russe Vladimir Poutine.
Les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, sont parallèlement attendus jeudi soir à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine.
Depuis des mois, les capitales européennes tentent de peser dans les discussions, redoutant que Washington, qui se présente en médiateur, n'impose à Kiev une solution trop favorable à Moscou.
Fait rare, les flèches de Volodymyr Zelensky se sont concentrées jeudi sur l'Europe. "Au lieu de devenir une vraie puissance mondiale, l'Europe reste un kaléidoscope beau mais fragmenté de petites et moyennes puissances", a-t-il déploré.
"L'Europe a l'air perdue lorsqu'elle tente de convaincre le président américain de changer", a-t-il poursuivi.
Vers des discussions "trilatérales"
Les Européens ont accepté d'envoyer des troupes au sol en cas de cessez-le-feu avec la Russie, mais Volodymyr Zelensky a estimé "qu'aucune garantie de sécurité ne peut fonctionner sans les États-Unis", et que le soutien de son homologue américain était "indispensable".
Des discussions "trilatérales" entre l'Ukraine, les États-Unis et la Russie doivent se dérouler cette semaine aux Émirats arabes unis, a-t-il aussi dit, ajoutant : "les Russes doivent être prêts à des compromis."
Volodymyr Zelensky n'a pas indiqué le format des discussions, ni si les représentants ukrainiens et russes discuteraient directement. Son cabinet n'a pas répondu dans l'immédiat aux demandes de précisions.
La question des territoires de l'est de l'Ukraine revendiqués par Moscou n'est "pas encore résolue", a-t-il déclaré. "Poutine a réussi, malheureusement, à arrêter l'Europe", a encore tancé le président ukrainien, appelant les Européens à "s'unir pour stopper la Russie".
Avec AFP
