
Le président syrien Ahmed al-Charaa prononçant un discours à Damas, le 8 décembre 2025. © Khalil Ashawi, Reuters
Le pouvoir syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition soutenue par Washington, ont paraphé, dimanche 18 janvier, un accord de cessez-le-feu immédiat sur tous les fronts, après plusieurs jours d'intenses combats qui ont vu l'armée syrienne avancer dans les territoires contrôlés par les kurdes du nord-est du pays. L'accord a été signé par le président syrien Ahmed al-Charaa et le chef des FDS, Mazloum Abdi.
La présidence a publié le texte de l'accord signé en 14 points, qui comprend l'intégration des FDS et des forces de sécurité kurdes dans les ministères de la Défense et de l'Intérieur, la remise immédiate au gouvernement des provinces sous contrôle kurde de Deir Ezzor et Raqqa, et la prise en charge par Damas des prisonniers du groupe État islamique (EI) et de leurs familles détenus dans des prisons et des camps contrôlés par les Kurdes.
Enfin, les postes-frontières et champs de pétrole et de gaz seront rendus au gouvernement syrien.
"Tous les dossiers en suspens avec les FDS seront résolus", a déclaré le président syrien, selon les médias d'État. Il a ajouté qu'il devait rencontrer Mazloum Abdi lundi.
L'émissaire américain Tom Barrack, qui a rencontré Ahmed al-Charaa à Damas dimanche et Mazloum Abdi la veille à Erbil, en Irak, a salué l'accord. "Cet accord et ce cessez-le-feu représentent un tournant décisif, avec d'anciens adversaires privilégiant le partenariat plutôt que la division", a-t-il écrit sur X.
L'armée reprend le plus grand champ pétrolifère du pays
L'armée syrienne avait effectué des avancées importantes dans les zones contrôlées par des combattants kurdes en Syrie, entrant dans la périphérie de la ville de Raqqa, dernier bastion de l'autorité autonome kurde soutenue par les Etats-Unis, ont rapporté dimanche des membres du gouvernement et des sources sécuritaires.
Deux sources militaires syriennes ont rapporté que des chars ont pénétré dans la ville de Raqqa, autrefois aux mains de l'EI et que les FDS soutenues par Washington ont capturée en octobre 2017.
Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la ville pour célébrer l'incursion de l'armée syrienne alors que les FDS retiraient leur matériel, selon des habitants.
L'armée syrienne et ses alliés arabes ont auparavant pris le contrôle de champs pétroliers et gaziers à Deir Ezzor situés le long de l'Euphrate, une source de revenu importante pour les forces kurdes. Le président syrien Ahmed al-Charaa avait déclaré la semaine dernière qu'il était inacceptable qu'une milice (les FDS) contrôle un quart du pays et détienne d'importantes ressources pétrolières.
Le dirigeant syrien s'est engagé à unifier la Syrie après quatorze années de guerre civile. Les Kurdes résistent à la reprise en main du pays par les autorités et à l'intégration de leurs combattants au sein des forces gouvernementales.
Ahmed al-Charaa, ancien commandant d'Al-Qaïda appartenant à la majorité musulmane sunnite, a promis à plusieurs reprises de protéger les minorités mais des violences opposant ses forces à des combattants alaouites et druzes ont fait des centaines de morts et semé la panique dans les communautés minoritaires.
Avec Reuters et AFP
