
Le président syrien Ahmed al-Charaa s'exprime dans une mosquée de Damas, le 8 décembre 2025, en Syrie. © Handout, AFP
La langue kurde, désormais officiellement reconnue en Syrie. Le président syrien Ahmed al-Charaa a publié vendredi 16 janvier un décret accordant des droits nationaux aux Kurdes de son pays, reconnaissant notamment officiellement la langue kurde, au moment où son armée est engagée dans des combats avec les forces kurdes dans le nord du pays.
Dans ce décret, Ahmed al-Charaa proclame le kurde "langue nationale", qui pourra être enseignée dans les écoles publiques des zones où cette minorité est fortement présente.
Il instaure également Norouz, le Nouvel An kurde célébré le 21 mars, comme jour férié officiel.
Le texte accorde par ailleurs la nationalité aux Kurdes dont environ 20 % avaient été privés de leur citoyenneté à la suite d'un recensement controversé en 1962.
"Les citoyens syriens kurdes constituent une partie essentielle et authentique du peuple syrien, et leur identité culturelle et linguistique fait partie intégrante de l'identité nationale syrienne", affirme le décret.
Négociations compliquées avec les forces kurdes
Les Kurdes ont souffert de décennies de marginalisation et d'oppression des régimes précédents en Syrie.
Cette minorité avait profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie – incluant champs pétroliers et gaziers –, après avoir défait le groupe jihadiste État islamique (EI) avec l'appui d'une coalition multinationale.
L'annonce du président syrien intervient alors que son armée est engagée dans des combats avec les forces kurdes dans une zone du nord du pays, après les avoir délogées de la ville d'Alep la semaine dernière.
Les négociations pour mettre en œuvre un accord signé en mars 2025 entre Damas et les Kurdes, visant à intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l'État syrien, sont actuellement dans l'impasse.
Avec AFP
