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Trump reçoit Maria Corina Machado, opposante vénézuélienne et prix Nobel de la paix
Donald ​Trump a reçu jeudi à la Maison Blanche la cheffe de file de l'opposition vénézuélienne Maria Corina Machado, une rencontre qui pourrait peser dans la façon dont le ⁠président américain conçoit l'avenir politique du Venezuela, qu'il entend redessiner, après que Washington a mené ce mois-ci des frappes contre Caracas pour capturer le président Nicolas Maduro.
L'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado salue des partisans, le 15 janvier 2026, après sa rencontre avec le président américain Donald Trump à la Maison Blanche. © Brendan Smialowski, AFP

L'opposante vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado a déjeuné avec Donald Trump, jeudi 15 janvier, qui l'a écartée de sa stratégie au Venezuela et qui ne digère pas de ne pas avoir été distingué l'an dernier par le comité Nobel.

Elle était arrivée peu après 12 h locale (17 h GMT) et a quitté la Maison Blanche aux alentours de 14 h 30, prenant le temps de saluer des partisans rassemblés sur place, selon un photographe de l'AFP, avant de se rendre au Congrès pour une rencontre avec des parlementaires suivie de déclarations publiques.

S'exprimant ​devant les journalistes après avoir quitté la Maison Blanche, Maria Corina Machado a décrit cette rencontre comme "excellente". Elle n'a effectué aucun commentaire sur la teneur des discussions, qui semblent avoir duré un peu plus d'une heure.

Le président américain "était impatient de la rencontrer et il s'attendait à avoir une bonne discussion productive avec Mme Machado, qui est vraiment une voix remarquable et courageuse pour beaucoup de Vénézuéliens," a dit la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, pendant que la réunion était encore en cours.

Celle-ci a cependant ajouté que le président américain n'avait pas changé d'avis sur le fait que Maria Corina Machado n'était pas la personne idoine pour diriger le Venezuela à court terme.

Sa venue à la Maison Blanche intervient au lendemain d'une "longue conversation" du président américain avec la présidente par intérim du pays d'Amérique latine, Delcy Rodriguez, confirmant l'intention américaine de traiter jusqu'à nouvel ordre avec l'équipe dirigeante restée en place à Caracas après la capture du président Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines.

Vente de pétrole

Il n'a eu que des éloges pour l'ancienne vice-présidente du dirigeant déchu, une "personne formidable", assurant pendant un échange avec la presse qu'il "travaillait très bien" avec les autorités vénézuéliennes. Delcy Rodriguez a parlé d'un entretien "productif et courtois".

Tout cela n'empêche pas Washington de maintenir la pression sur Caracas : les forces américaines ont saisi jeudi matin un nouveau pétrolier sous sanctions dans les Caraïbes, le sixième en quelques semaines.

Les États-Unis ont par ailleurs finalisé une vente de pétrole vénézuélien, la première depuis leur reprise en main du secteur, pour un montant de 500 millions de dollars.

Donald Trump ne montre pour l'instant aucune velléité de soutenir l'opposition vénézuélienne ni d'organiser des élections dans ce pays. Mais il a assuré à la chaîne Fox News que ce serait un "grand honneur" pour lui si l'opposante vénézuélienne lui cédait son prix ou le partageait avec lui.

Le Nobel Peace Center, musée dédié à Oslo, a opportunément souligné sur X jeudi que les lauréats pouvaient disposer comme ils ou elles l'entendaient de la médaille dorée associée à la distinction.

Mais il a ajouté : "Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d'un lauréat du prix Nobel de la paix", qui est donc associé pour toujours à certaines personnes ou organisations, sans partage ou transfert possible.

Partenariat "spectaculaire"

Peu après la capture de Nicolas Maduro, désormais détenu aux Etats-Unis, Donald Trump avait estimé que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre pour recevoir le Nobel, n'était pas qualifiée pour diriger le pays.

Le président américain entend dicter toute décision prise par Caracas, notamment en matière pétrolière, jusqu'à nouvel ordre.

"Ce partenariat entre les États-Unis et le Venezuela sera spectaculaire pour tous", a encore assuré Donald Trump mercredi sur son réseau Truth Social.

Pour arriver à ses fins, il lui faudra toutefois convaincre les multinationales pétrolières, dont certaines sont prudentes voire franchement réticentes, d'investir massivement dans les infrastructures au Venezuela.

La Maison Blanche assure par ailleurs que la pression américaine a été déterminante pour les libérations de prisonniers décidées par Caracas, même si la présidente par intérim souligne qu'il s'agissait d'un processus entamé par le président déchu Nicolas Maduro avant sa capture.

Nuançant depuis le début du processus les chiffres officiels bien plus élevés, l'ONG Foro Penal a recensé 72 libérations, alors que proches et ONG parlent de libérations au compte-gouttes. Des ONG considèrent que plus de 800 prisonniers politiques croupissent dans les geôles du pays.

Avec AFP et Reuters