
Un soldat de l'armée congolaise se fait encrer le doigt après avoir voté au lycée Chaminade de Brazzaville, le 12 mars 2026, lors du vote anticipé pour l'élection présidentielle © Daniel Beloumou Olomo, AFP
Jour de vote au Congo-Brazzaville. Les électeurs se rendent aux urnes dimanche 15 mars pour la présidentielle dans ce pays d'Afrique centrale où la victoire de Denis Sassou Nguesso, 82 ans d'âge et 40 années cumulées au pouvoir, paraît acquise mais où l'abstention pourrait être massive.
Denis Sassou Nguesso a dirigé cet État riche en hydrocarbures de 1979 à 1992, au temps du parti unique, avant de reconquérir le pouvoir par les armes en 1997, après quatre mois de guerre civile à Brazzaville. Il avait été réélu au premier tour en 2021 avec 88,40 % des suffrages, selon la Cour constitutionnelle, et malgré les recours de ses opposants.
Seuls six candidats, peu connus ou sans réelle assise politique, se présentent dimanche face à Denis Sassou Nguesso, sans grandes chances d'empêcher sa réélection pour un nouveau quinquennat dès le premier tour.
Boycott des partis d'opposition
Les principaux partis d'opposition ont annoncé boycotter le scrutin, n'estimant pas remplies les conditions d'une élection libre et transparente. L'élection est menacée par une forte abstention, selon les observateurs.
Denis Sassou Nguesso a sillonné le pays durant la campagne électorale qui s'est achevée vendredi, appuyé par la machine de son mouvement, le Parti congolais du travail (PCT), et exhortant les 2,5 millions d'électeurs enregistrés à se rendre aux urnes pour ce scrutin uninominal à deux tours.
Un deuxième tour, dont la date n'a pas été officiellement annoncée, est théoriquement prévu 21 jours après la publication des résultats du premier tour.

ONG et société civile dénoncent régulièrement des atteintes aux libertés publiques et des menaces contre des opposants. L'opposition conteste systématiquement les scrutins remportés par Denis Sassou Nguesso depuis 2002.
Deux figures de l'opposition à la présidentielle de 2016, le général Jean‑Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont encore aujourd'hui détenus après avoir été condamnés à 20 ans de prison pour "atteinte à la sécurité intérieure" en 2018 et 2019.
Pétrole et gaz
Pendant sa campagne, le président a mis en avant son bilan économique, notamment la modernisation des infrastructures et le développement du secteur gazier et de l'agriculture pour que le Congo devienne autosuffisant.

Le pétrole et le gaz assurent la grande majorité des revenus de l'État et tirent la croissance, estimée à 2,9 % en 2025. Mais presque la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.
Pour les détracteurs du régime, le développement du pays a été freiné par des détournements massifs d'argent public et de la rente pétrolière au sommet de l'État.
La famille du président a également fait l'objet de plusieurs enquêtes et de plaintes pour détournements de fonds, notamment en France, dans l'affaire dite des "biens mal acquis".
Avec AFP
