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Iran : la mobilisation continue, l'opposition kurde appelle à une grève générale
Sept partis d'opposition kurdes iraniens basés en Irak ont appelé à une grève générale des Kurdes jeudi en Iran, en soutien aux manifestations contre la vie chère en cours dans le pays, dont certaines ont été marquées par des violences qui ont coûté la vie à trois policiers.
Cette capture d'une vidéo UGC diffusée sur les réseaux sociaux montre des forces de l'ordre iraniennes dispersant des manifestants dans le Grand bazar de Téhéran, le 6 janvier 2006. © UGC via AFP

Le mouvement de contestation ne faiblit pas en Iran, où de nouvelles manifestations se sont tenues mercredi 7 janvier dans plusieurs villes du pays en dépit des tentatives d'apaisement du président Massoud Pezeshkian. De leur côté, sept partis d'opposition kurdes iraniens basés en Irak ont appelé à une grève générale jeudi des Kurdes en Iran, en soutien au mouvement de contestation qui a débuté le 28 décembre à Téhéran.

Hassan Rahmanpanah, un responsable du parti Komala – groupe sécessionniste kurde basé en Irak et considéré par Téhéran comme une organisation terroriste –, a affirmé à l'AFP que la grève visait à montrer "un soutien unifié du peuple kurde à la lutte et aux manifestations menées par le peuple iranien contre la République islamique".

Sur le terrain, un policier iranien a été mortellement poignardé pendant des troubles près de Téhéran, a annoncé jeudi l'agence Fars. Le policier du comté de Malard, à l'ouest de la capitale, est mort "quelques heures après avoir été poignardé en participant aux efforts destinés à contrôler des troubles" dans ce secteur, a indiqué l'agence.

Mercredi, une manifestation de commerçants à Lordegan, à 455 km de Téhéran dans le sud-ouest du pays, a dégénéré en affrontements armés avec les forces de l'ordre, provoquant la mort de deux policiers et blessant 30 personnes, toujours selon l'agence de presse Fars.

"Un Iranien peut mourir mais n'acceptera pas l'humiliation !", ont crié mercredi des manifestants de Bojnourd, dans le Nord-Est, selon une vidéo publiée par l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège. Selon l'agence de presse iranienne Tasnim, des "émeutiers" ont "jeté des pierres et brisé les fenêtres de la mosquée Imam Khomeini" de Bojnourd après avoir quitté un rassemblement de syndicats.

"Mort au dictateur ! Liberté !"

La veille, des heurts s'étaient produits pour la première fois en plein jour au cœur de la capitale, où des rassemblements sporadiques se déroulaient jusque-là principalement en soirée, d'après les médias locaux.

Iran : la mobilisation continue, l'opposition kurde appelle à une grève générale
Cette capture d'une vidéo UGC publiée le 6 janvier 2026 sur les réseaux sociaux montre des heurts entre manifestants et forces de sécurité au Grand bazar de Téhéran, au dixième jour d'un mouvement de contestation en Iran. © UGC via AFP

"Mort au dictateur ! Liberté !", ont crié mercredi des manifestants dans un quartier huppé de Téhéran, selon IHR.

Une importante manifestation s'est aussi tenue mercredi dans la ville portuaire de Bandar Abbas, dans le Sud, d'après une vidéo postée par l'ONG Activistes des droits humains en Iran (HRNA) basée aux États-Unis. On y entend les manifestants crier : "Ne soyez pas spectateurs, rejoignez-nous" ou "C'est la bataille finale, Pahlavi reviendra" (en référence à la dynastie chassée par la Révolution islamique de 1979).

Selon la chaîne de télévision d'opposition Iran International basée à Londres, les rues d'Aligoudarz étaient noires de monde, dans l'Ouest iranien, certains scandant "C'est l'année du sang, Seyyed Ali sera démis", du nom du guide suprême Ali Khamenei.

Des vidéos publiées par HRNA témoignent aussi d'une forte affluence de protestataires dans la grande ville de Rasht, située dans le nord-ouest du pays, sur la mer Caspienne.

Depuis le début du mouvement, des rassemblements ont eu lieu dans au moins une cinquantaine de villes, essentiellement petites et moyennes, surtout dans l'ouest du pays, selon un décompte de l'AFP basé sur les annonces officielles et des médias. Officiellement, 25 provinces sur 31 ont été concernées depuis le début du mouvement.

Le régime souffle le chaud et le froid

Le président Massoud Pezeshkian, qui ne détient pas la réalité du pouvoir – aux mains du guide suprême Ali Khamenei – a ordonné mercredi aux forces de l'ordre de ne pas s'en prendre aux manifestants, a rapporté l'agence de presse Mehr.

Toutefois, "ceux qui portent des armes à feu, des couteaux et des machettes et qui attaquent des commissariats et sites militaires sont des émeutiers", a-t-il précisé en Conseil des ministres.

Iran : la mobilisation continue, l'opposition kurde appelle à une grève générale
Un commerçant sert un client dans son magasin de Téhéran, le 7 janvier 2026. © Atta Kenare, AFP

Le chef de l'armée iranienne, Amir Hatani, a lui haussé le ton après les menaces de Donald Trump d'intervenir militairement en Iran si des manifestants étaient tués, et le "soutien" apporté aux protestataires par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

"Si l'ennemi commet une erreur, nous riposterons avec plus de fermeté" que lors de la "guerre des 12 Jours" en juin contre Israël et les États-Unis, a-t-il menacé à son tour.

Depuis le début du mouvement, au moins 27 protestataires ont "été tués par des tirs ou d'autres formes de violence perpétrées par les forces de sécurité dans huit provinces", selon le dernier bilan de IHR publié mardi. Selon cette ONG, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées.

Les médias iraniens relayant des annonces officielles font eux état de 15 morts, dont des membres des forces de sécurité, depuis le début de la contestation.

Avec AFP