
Georgi Minoungou des Seattle Sounders réagit lors de la finale de la Coupe de la Ligue opposant les Seattle Sounders à l'Inter Miami CF au Lumen Field le 31 août 2025 à Seattle (Washington). © Alika Jenner / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Sur le papier, les Burkinabè feront figure d'outsider, mardi 6 janvier, lors du 8e de finale de la CAN 2025 qui va les opposer aux Ivoiriens, champions en titre. Mais les Étalons pourraient bénéficier d'un supplément d'âme pour se qualifier pour le prochain tour.
Le Burkina Faso compte en effet dans ses rangs un footballeur qui a jusque-là déjoué tous les pronostics : l'ailier droit Georgi Minoungou, qui malgré un œil en moins, a brillé depuis le début de la compétition au Maroc. Lors du premier match, il a notamment inscrit un but permettant au Burkina Faso de l'emporter contre la Guinée équatoriale (2-1). Lors des deux autres rencontres, il s'est aussi distinguén toujours virevoltant sur son côté droit.
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Accepter Gérer mes choix"J'ai perdu la vision"
Tout a pourtant failli s'arrêter en 2023 pour ce sportif né à Batiebly-Douibly, en Côte d'Ivoire, d'une mère ivoirienne et d'un père burkinabè. Deux ans après avoir décroché son premier contrat professionnel en 2e division tchèque avec le club de MFK Vyskov, il réussit à faire ses preuves de l'autre côté de l'Atlantique avec l'équipe réserve des Seattle Sounders qui évolue en MLS, le championnat nord-américain.
En déplacement à Marbella, en Espagne, avant la Coupe du monde des clubs, il commence à ressentir des démangeaisons intenses à l'œil gauche. "Je suis allé voir un médecin et il m'a dit que j'avais besoin d'une opération", a-t-il raconté dans une vidéo publiée par la CAF. "Après l'intervention, j'ai perdu la vision". Les nerfs de son œil sont en effet nécrosés.
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Accepter Gérer mes choixLe monde de Minoungou s'écroule. L'équipe médicale estime qu'il ne pourra pas rejouer au football. Mais le joueur ne s'annonce pas vaincu et fait tout pour rester au niveau malgré son handicap. Il retrouve les terrains seulement cinq mois après l'intervention. "Je venais avant tout le monde tous les jours et je travaillais mon positionnement, l'orientation des épaules, la prise d'informations. Je devais réinventer mon jeu. J'ai fait beaucoup de sessions vidéos pour m'améliorer. Même pendant mes vacances, je ne m'arrêtais pas. Et aujourd'hui, je me considère 10 000 fois plus fort qu'avant !", a-t-il confié au journal l'Équipe.
Une finale contre Messi
Une détermination qui porte ses fruits. Contre toute attente, il signe un contrat de quatre ans avec l'équipe première de Seattle en août 2024. Depuis, il enchaîne les rencontres, même s'il est souvent un joker en sortie de banc. Ses coéquipiers apprécient sa persévérance et son tempérament. "En dehors du terrain, il est très charmant et très calme, et il a toujours le sourire aux lèvres. Mais sur le terrain, il est très intrépide et n'hésite pas à affronter ses adversaires", souligne ainsi le milieu de terrain Christian Roldan sur le site du club.
L'année 2025 est un rêve éveillé pour ce miraculé. Il participe en juin à la Coupe du monde des clubs où il a pu affronter son idole Ousmane Dembélé lors d'un match gagné par le PSG (1-0). Il est aussi de la partie lors la finale de Leagues Cup, remportée fin août contre l'Inter Miami de Lionel Messi (3-0). Cet été, il est aussi convoqué pour la première fois en équipe nationale du Burkina Faso. Alors qu'il avait la possibilité de jouer avec la Côte d'Ivoire, il a finalement opté pour les Étalons. En novembre, il inscrit son premier but en sélection, un doublé, lors d'une victoire 3-0 en amical contre le Bénin.

"Je veux montrer que tout est possible"
Selon Georgi Minoungou, son intégration chez les Étalons s'est faite dans la bonne humeur, notamment grâce au pilier de l'équipe Bertrand Traoré. "Franchement, c'était très bien. Le grand frère Bertrand, comme je l’appelle, est quelqu’un d’humain et de très dévoué pour la patrie. Dès qu’il m’a vu, il a dit en plaisantant : 'Georgi, on a vu tes vidéos, tu as été impressionnant face à Messi !'. On a bien rigolé", a-t-il raconté au site de la CAF.
Depuis, il fait le bonheur de son pays. Même si sa vision est altérée, il assure qu'il peut-être "meilleur que certaines personnes qui voient des deux yeux". Il est surtout fier d'être devenu un symbole de persévérance. La CAN lui permet d'être mis en lumière à la hauteur de son courage : "J’ai remporté la Leagues Cup contre Lionel Messi, j’ai disputé la Coupe du monde des clubs… Et pourtant, beaucoup doutaient de moi. Aujourd’hui, je veux montrer que tout est possible. À travers la Coupe d’Afrique des nations, je veux inspirer les jeunes du Burkina Faso et les inviter à ne jamais renoncer".

