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Sans confirmer l'attaque américaine au Venezuela, Nicolas Maduro se dit "prêt" à négocier
Le président vénézuélien a donné jeudi une interview à la télévision publique VTV lors de laquelle il a évité de confirmer l'attaque américaine contre des installations portuaires de son pays. Il s'est en revanche dit toujours "prêt" à discuter avec Washington d'un accord de lutte contre le narcotrafic.
Nicolas Maduro à Caracas le 10 décembre 2025. © Ariana Cubillos, AP

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a évité lors d'une interview télévisée diffusée jeudi 1er janvier de confirmer ou de démentir l'attaque américaine sur des installations portuaires au Venezuela évoquée en début de semaine par son homologue Donald Trump, tout en ouvrant la porte à des négociations avec Washington.

"Cela peut être un sujet dont nous parlerons dans quelques jours. Très certainement, nous pourrions discuter d'ici quelques jours", a affirmé Nicolas Maduro à la chaîne publique VTV en répondant à la question "Votre gouvernement n'a ni confirmé ni démenti cette information (d'attaque terrestre). Que pourriez-vous nous en dire à ce sujet ?".

Donald Trump a affirmé lundi que les États-Unis avaient détruit une zone de mise à quai utilisée par des bateaux accusés de participer au narcotrafic au Venezuela, ce qui serait la première attaque terrestre américaine sur le sol vénézuélien.

"Ce que je peux te dire, c'est que le système de défense nationale a garanti et garantit l'intégrité territoriale, la paix du pays et l'usage et la jouissance de tous nos territoires. Notre peuple est en sécurité et en paix", a-t-il ajouté à l'adresse du journaliste espagnol Ignacio Ramonet à qui il accorde tous les ans une interview diffusée par la chaîne publique.

Toujours "prêt à discuter"

Nicolas Maduro a aussi indiqué qu'il n'avait pas eu de deuxième conversation téléphonique (après une en novembre) avec le président Trump, tout en répétant qu'il était toujours "prêt" à discuter avec Washington. 

"Le gouvernement des États-Unis le sait, parce que nous l'avons dit à nombre de ses porte-parole : s'ils veulent discuter sérieusement d'un accord de lutte contre le narcotrafic, nous sommes prêts ; s'ils veulent du pétrole du Venezuela, le Venezuela est prêt pour des investissements américains, comme avec (le groupe pétrolier américain) Chevron, quand ils le veulent, où ils le veulent et comme ils le veulent", a-t-il déclaré. 

"Aux États-Unis, ils doivent savoir que, s'ils veulent des accords intégraux de développement économique, ici au Venezuela aussi ! Et je l'ai dit mille et une fois", a-t-il insisté, rappelant la coopération récente entre les deux pays sur l'expulsion de migrants vénézuéliens vers leur pays, un thème prioritaire pour Donald Trump.

"Ce qui s'est passé sur la question des migrants, parce que nous étions parvenus à un accord (...) Tout fonctionnait parfaitement, et il y a trois semaines, les autorités du gouvernement des États-Unis ont renoncé à continuer d'envoyer des migrants au Venezuela", a ajouté Nicolas Maduro. 

Libération de 88 prisonniers

Donald Trump accuse le président Maduro d'être à la tête d'un vaste réseau de narcotrafic que l'intéressé dément, accusant les États-Unis de vouloir le renverser pour s'emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.

Gage de bonne volonté ou simple geste pour les fêtes ? Les autorités vénézuéliennes ont annoncé jeudi la libération de 88 personnes emprisonnées après l'élection présidentielle de 2024 contestée par l'opposition, une semaine après la libération de 99 autres détenus pour Noël. Elles restent toutefois sous le coup de procédures judiciaires. 

Une mission de l'ONU a récemment souligné que la répression s'était intensifiée ces derniers mois au Venezuela, alors que l'opposition parle de "portes tournantes" des prisons, soulignant que les arrestations se poursuivent alors que des détenus sont libérés. Selon l'ONG Provea, il y a quelque 700 détenus politiques dans le pays. 

Avec AFP