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JO 2024 : des sprinteurs africains en embuscade veulent faire trembler les rois du 100 m
De notre envoyée spéciale au Stade de France – Le Camerounais Emmanuel Eseme a créé la sensation en réalisant le 4e chrono lors des séries du 100 m au stade de France. Plusieurs sprinteurs africains se sont qualifiés pour les demi-finales. Même si la star américaine Noah Lyles paraît intouchable pour conquérir l'or, il va devoir face à une rude concurrence venue d'Afrique.
JO 2024 : des sprinteurs africains en embuscade veulent faire trembler les rois du 100 m

Avec un temps canon de 9'98, le Camerounais Emmanuel Eseme a réalisé, samedi 3 août, le 4e temps des séries du 100 m et obtenu son billet pour les demi-finales des Jeux olympiques de Paris. Trois ans après son échec aux JO de Tokyo lors des phases de qualification, le sprinteur, porte-drapeau de son pays, a pris sa revanche. "Je m'y attendais parce que les entraînements se passent bien. C’est un temps que j'ai pu courir aux entraînements donc je ne suis pas surpris de ma performance", s'est-il réjouit après sa course au micro de TV5 Monde.

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À 30 ans, il peut espérer se qualifier pour la finale qui aura lieu dimanche. À son image, plusieurs athlètes africains ont émergé sur la scène internationale du sprint et font partie des athlètes à suivre à Paris. Lors des demi-finales du 100 m, ils seront 11 à représenter le continent sur 21 participants.

Un Botswanais et un Kényan dans les starting-blocks

Parmi eux, le Botswanais Letsile Tebogo est l'un des plus en vue. Celui qui détient le record d'Afrique du 200 m en 19'50, a terminé deuxième sur 100 m lors des mondiaux organisés à Budapest en 2023, devenant le premier Africain à décrocher une médaille sur cette distance. Nommé porte-drapeau de son pays lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Paris, il pourrait encore un peu plus entrer dans la légende dans l'enceinte du stade de France à seulement 21 ans.

Il faudra aussi compter sur le Kényan Ferdinand Omanyala, deuxième performeur mondial de l'année en 9'79 et détenteur du record d'Afrique en 9'77. Dans un pays où la course de fond est une religion, cet athlète fait figure d'ovni. "Personne ne pensait qu'un sprinteur pourrait atteindre un si bon niveau. Avant, les sprinteurs se rendaient aux compétitions internationales et se faisaient éliminer lors des séries. Avant, les sprinteurs étaient vus comme une blague. Mais les choses ont changé avec le temps", avait-il confié à la Deutsche Welle.

Les Sud-Africains Benjamin Richardson et Akani Simbine ont aussi un coup à jouer. Ils ont tous les deux réalisé des chronos de 9'86 cette saison. Le Nigérian Kayinsola Ajayi a aussi été mis en lumière lors des qualifications en remportant sa série face au champion olympique en titre l'Italien Marcell Jacobs.

L'Américain Noah Lyles est-il vraiment le favori ?

Mais la personne à battre lors de cette épreuve est sans conteste l'Américain Noah Lyles. Même s'il n'a pris que la 2e place de sa série (10'04) samedi, son nom est sur toutes les lèvres. Le champion du monde en titre a toutefois bien conscience qu'il va devoir sortir le grand jeu pour reconquérir ce titre qui fait défaut aux États-Unis depuis 20 ans. "J'essayais de ne pas griller trop de cartouches en série et de ne pas en faire trop", a-t-il commenté en zone mixte. "Mais ça a été plus dur que prévu, les concurrents ont tout donné et j'aurais dû m'y attendre vu que c'est les JO."

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Triple champion du monde l'été dernier (100 m, 200 m, 4x100 m), Noah Lyles a prouvé à Budapest qu'il était plus qu'un coureur de 200 m et qu'il était capable de briller sur la course reine. Il s'aligne à Paris après avoir amélioré son record personnel à Londres il y a deux semaines pour s'emparer du troisième meilleur chrono de la saison (9'81). 

Une flopée de prétendants

Comme en 2021 à Tokyo, la finale du 100 m s'annonce comme très ouverte, avec quasiment autant de prétendants au titre que de couloirs disponibles sur la piste violette du stade de France. Dans sa série, la jeune sensation jamaïcaine Kishane Thompson, 23 ans, homme le plus rapide sur la ligne droite cette saison, a complètement dominé sa course, relâchant son effort après 70 m de course pour finir en 10 sec. Il faudra aussi observer son compatriote Oblique Seville, qui a battu Noah Lyles en début de saison.

Le Britannique Zharnel Hugues, 3e aux mondiaux, est également apparu en forme, tout comme les Américains Fred Kerley et Kenny Bednarek, tous les deux les plus rapides en séries samedi (9'97).

Avec AFP

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