
"Signatures remises", a validé un membre de la Commission électorale. Boris Nadejdine, le seul opposant à l'assaut en Ukraine en lice pour la présidentielle russe, a déposé mercredi 31 janvier les signatures de soutien nécessaires à l'enregistrement de sa candidature en vue du scrutin prévu du 15 au 17 mars.
Peu connu du grand public, ce vétéran de la vie politique russe, qui prône la "fin" de l'assaut en Ukraine et dénonce la dérive autoritaire de Vladimir Poutine, a suscité un engouement inattendu ces derniers jours, des dizaines de milliers de Russes se mobilisant pour soutenir sa candidature.
"Merci beaucoup à ceux qui ont cru en nous", a déclaré cet ex-député libéral face à la presse.
"Tout s'est bien passé", a-t-il souligné au sujet de la collecte des signatures de plus de 100 000 électeurs le soutenant, le seuil nécessaire pour voir sa candidature validée par les autorités.
Mercredi, il en a même remis 105 000 à la Commission électorale centrale, a précisé Boris Nadejdine à la presse.
Réponse dans les dix jours
La Commission électorale devrait de son côté statuer sur la candidature de Boris Nadejdine dans les dix prochains jours, sachant qu'il y a, outre le nombre de signatures, une question de quota par entité administrative à respecter.
Plusieurs centaines de Moscovites avaient fait ces derniers jours la queue pour signer en faveur de Boris Nadejdine, un moyen légal pour eux de manifester leur opposition frontale à la politique du Kremlin dans un pays où toute voix dissidente est sévèrement réprimée.
"On ne le considère pas comme un concurrent"
À 60 ans, l'intéressé ne se fait toutefois guère d'illusions sur le résultat du scrutin présidentiel, tant la réélection de Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 2000, semble évidente. "Mais j'espère que le 17 mars marquera peut-être la fin, le début de la fin de l'époque Poutine", confiait-il dans un entretien il y a quelques jours.
"Ma candidature donne aux gens une occasion unique de protester légalement contre la politique actuelle", appuyait encore cet ancien conseiller de Boris Nemtsov, opposant assassiné en 2015.
Difficile de savoir jusqu'où cet élu d'une ville de la banlieue de Moscou peut aller, mais le Kremlin ne cache en tout cas pas son dédain à son encontre : "On ne le considère pas comme un concurrent", a lâché récemment Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine.
Avec AFP